SOIR D AUTOMNE
Muets, hâtant leurs pas qui sonnent lourdement, Et toute la fatigue et tout l'isolement Des rêves, des bonheurs, des tendresses passées, Malgré moi, de mon cœur, montent à mes pensées,
276 LE CHEMIN DE L ' Û U li L 1
Le Refuge
LJ'où vient que, cette fuis, ma ville, ma maison, Les yeux des gens, l'aspect des choses, l'horizon, Tout prend, pour m'accueillir, un air de bienvenue? Je retrouve, auprès d'eux, l'âme qu'ils ont connue, Tous ceux qu'à chaque pas je rencontre en chemin ; Je redeviens petit quand je leur tends la main. Des projets oubliés sortent de ma mémoire : Un mot me rend la force et le bonheur d'y croire ,* Et des rêves, si purs que je les croyais morts, Font tressaillir en moi comme un vague remords. Quand je vois, tour à tour, au coin des vieilles rues. Des images de moi, brusquement apparues Avec mes souvenirs d'enfant et d'écolier. Je me sens tout à coup bavard et familier.