‹ Poèmes de bohêmeChapitre 31 sur 78 · LES OSSELETS · texte numérisé non relu

LES OSSELETS

Quand tu seras morte, petite amie, Je ne veux pas garder le crâne affreux De ta pauvre naïve tête endormie, Où la Méchante aura cueilli sans doute Les violettes de tes yeux creux Et la rose de ta petite bouche.

Quand tu seras morte, petite chérie, Je voudrais garder toujours — mais veux-tu ?

g8 POÈMES DE BOHÈME

Ton cœur sur mon cœur comme on prie, Ton cœur sur le mien qui a tant battu, Si tu avais un cœur, petite chérie.

Mais je garderai peut-être Les osselets de tes doigts si doux, Je les garderai — chers mignons squelettes — Pour en faire un joli joujou de fou, N'est-ce pas, m'aimée ? pour mes jours de fête.

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