‹ Poèmes de bohêmeChapitre 32 sur 78 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

La lune tremble dans l'eau Et mon cœur dans le soir, Avec la douceur d'un sanglot Ou d'une chanson d'espoir.

La lune tremble dans l'eau Au travers des saules ; Mon pauvre cœur est en sanglots Et mon âme est folle.

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Mon cœur tremble ce soir, D'amour, savez-vous ?

Pour une chanson d'espoir, Pour une chanson de fou.

La lune tremblait dans l'eau Et mon cœur dans le soir :

Le fou se meurt dans l'eau Et la lune sourit au soir.

A Jean Lorrain.

Io amo mas a tu amor que a tu vida. Anortmk.

LA CUE1LLEUSE DE ROSES

Bonne Mort, voici s'éveiller l'aube Au sentier par où tu viens déguisée En cueilleuse de roses, avec ta robe A traîne verte couverte de rosée.

Moi, j'étais assis en ma mante grise Au bord du lac où l'aube s'était baignée, A m'amuser des prêles prises Aux toiles transparentes des araignées.

Mais quand tu es venue Avec ce bouquet triste d'ossements,

J'ai oublié la grâce menue Des eaux, et je t'ai souri comme un amant.

Et tes mains fleuries aux manches

Ouvertes, je les ai baisées, Les os fuselés de tes mains plus blanches Que celles des fileusesou des épousées.

SQUELETTES FLEURIS Io5

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