LE BRANDON
Il y a dans mon feu ce soir un joli gnome A ceinture d'or qui cause d'amour fort tendre A la mignonne salamandre qui s'endort.
Il doit être épris certes de sa robe verte Et de ses habits de naine fée, car il ôte Comiquement toque couverte de rubis.
Il agite ses grelots vermeils, vite, vite,
Saute de bûche en bûche comme un sot derviche Et la petite salamandre se réveille.
Elle admire son beau collier de sous percés,
Sa mantille rouge, bleue et rose d'émir,
Son haut de chausses tissé de pourpre dessous.
Elle admire ses espiègleries de jongleur
Qui escamote mille billes de couleurs
Qui pleure et qui sourit sous sa hotte de fleurs.
Mais comme il fait encor deux ou trois pirouettes A la crémaillère en lutin tout cousu d'or, Prise enfin de peur, la frileuse salamandre File en la cendre et le dernier brandon s'éteint.
LE FABLIAU DES FOUS 167