A L'USAGE DES POETES DU TEMPS PRESENT
Sainte Vierge, douce dame en bleu, De mes chagrins toujours sûr remède, Veuillez donc demander au bon Dieu Qu'il m'aide . . .
Voyez-vous, il faut que prenne fin Le défilé des ennuis infimes; De rondes, franches, joyeuses rimes J'ai faim.
Jadis, J'avais des sources, des ailes.
Des fleurs . . . Tout est mort, brisé, figé. Mais j'y pense tout le temps, et j'ai Soif d'elles.
Il me semble, de plus, qu'autrefois Tout le monde avait un bon sourire; Maintenant que l'on ne sait que rire.
J'ai froid.
Aussi, bien humblement, je vous prie (Sans vouloir vous faire la leçon) Au nom de votre petit garçon, Marie . . .
Jades précieux, Amulettes des supersUfieux,
Vous êtes les masques Sous lesquels riront mes insidieux
Poèmes fantasques ; Verts comme la mer, Vœil des hiboux et
Des hamadryades.
Il me plaît que mes vers aient épousé
Votre nom clair. Jades . . .