‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 18 sur 64 · LE PAON BLANC · texte numérisé non relu

LE PAON BLANC

Variations sur des vers de William Sharp.

La lumière du soleil aux flèches d'ambre, d'or et de jade, baignait le jardin vermeil.

Le grenadier,

le grenadier lourd de grenades,

dressait, altier,

ses précieuses floraisons.

Les oléandres

éclataient, tout pâmés d'un si brûlant midi,

et, telle l'écume marine

qui bouillonne autour des falaises de basalte,

les blancs magnolias, lourds, laqués, lisses, ronds,

en masses neigeuses, tombaient et se posaient

autour des verts ilex et des rhododendrons

striés de rose.

Cet air brûlant qui plane,

bleu, diaphane,

sous l'aloès,

cassolette

épanouie,

jetait dans l'ombre bleue des colliers d'améthyste

et des guirlandes de violettes.

Auprès

de l'étincellement du pin et du cj^rès,

du pin et du cyprès aux cônes brodés d'or,

fleurissait, enfantine, fragile et triste,

la fleur de miel, petite flamme parfumée,

(et c'était comme si, des jardins du Gulistan,

OÙ roilooule

Bulbul,

un délicat brouillard de roses était né).

jFleurs de rêve,

dés pavots blancs comme du lait

ondulaient

en silence et sans trêve.

Le vent avait blessé ses ailes dans les branches et dormait dans le cœur des violettee blanches . .

Et, blanc comme l'âme même de la Beauté, comme le rêve, comme la lumière exaltée sur une colline aurorale, le Paon Blanc s'avança, neige, ivoire et opale.

Lunaire rêve réalisé,

il étale

son lourd évent«.il irisé,

l'ouvre et le ferme,

et de fluides ombres q^zuréennes

jouent sur ses ailes,

si pâles, si frêles,

qu'on les dirait tissées de violettes mortes

TORRES DE DIOS; POETASj

(Versos escritos en el ejemplar de Prosas Profanas enviad? al poeta Juan R. Jiménez.)

Terres de Dios ; Poetas j

Pararrayos célestes,

que resistis las duras tempestades,

como crestas escultas,

como picos agrestes,

rompeolas de las eternidades

La mâgica Esperanza anuncia el dia en que sobre la roca de armonia expirarâ la pérfida sirena.

Esperad, esperemos todavia:

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