LE PAON BLANC
Variations sur des vers de William Sharp.
La lumière du soleil aux flèches d'ambre, d'or et de jade, baignait le jardin vermeil.
Le grenadier,
le grenadier lourd de grenades,
dressait, altier,
ses précieuses floraisons.
Les oléandres
éclataient, tout pâmés d'un si brûlant midi,
et, telle l'écume marine
qui bouillonne autour des falaises de basalte,
les blancs magnolias, lourds, laqués, lisses, ronds,
en masses neigeuses, tombaient et se posaient
autour des verts ilex et des rhododendrons
striés de rose.
Cet air brûlant qui plane,
bleu, diaphane,
sous l'aloès,
cassolette
épanouie,
jetait dans l'ombre bleue des colliers d'améthyste
et des guirlandes de violettes.
Auprès
de l'étincellement du pin et du cj^rès,
du pin et du cyprès aux cônes brodés d'or,
fleurissait, enfantine, fragile et triste,
la fleur de miel, petite flamme parfumée,
(et c'était comme si, des jardins du Gulistan,
OÙ roilooule
Bulbul,
un délicat brouillard de roses était né).
jFleurs de rêve,
dés pavots blancs comme du lait
ondulaient
en silence et sans trêve.
Le vent avait blessé ses ailes dans les branches et dormait dans le cœur des violettee blanches . .
Et, blanc comme l'âme même de la Beauté, comme le rêve, comme la lumière exaltée sur une colline aurorale, le Paon Blanc s'avança, neige, ivoire et opale.
Lunaire rêve réalisé,
il étale
son lourd évent«.il irisé,
l'ouvre et le ferme,
et de fluides ombres q^zuréennes
jouent sur ses ailes,
si pâles, si frêles,
qu'on les dirait tissées de violettes mortes
TORRES DE DIOS; POETASj
(Versos escritos en el ejemplar de Prosas Profanas enviad? al poeta Juan R. Jiménez.)
Terres de Dios ; Poetas j
Pararrayos célestes,
que resistis las duras tempestades,
como crestas escultas,
como picos agrestes,
rompeolas de las eternidades
La mâgica Esperanza anuncia el dia en que sobre la roca de armonia expirarâ la pérfida sirena.
Esperad, esperemos todavia: