MISSISSIPI
Et c'est donc toi, vieux Fleuve, au long duquel mes rêves S'égaraient autrefois, si romantiquement, Lorsqu'en classe, bien sage (mais si loin, pourtant, De la chambre, chaude de soleil et d'élèves), Avec le sombre et sourcilleux 'Chateaubriand, Haut cravaté, je me promenais sur tes grèves . . .
Déception ! . . .
Ce flot, troublé de caimans.
Tumultueux, parmi les vignes et la menthe, La verte canne à sucre, la troupe bondissante Des buffles, et surtct' — oh. surtout! — les flamants Roses, les papillons semés d'yeux amarante. Les mines de lapis-lazuU . . .
Beaux romans De l'émouvant René, que ma mémoire héberge Si jalousement, à l'encontre du . . . progrès. Ce soir, couleur de suie, et d'étain, et de grès, Laissez que je vous dise adieu, sur cette berge Où de noirs paquebots profilent leurs agrès. Dans le brouillard lourd d'où, morne, une usine émerge.
MInnssota, 19i7.