DE TOVTES CES BEAUTEZ
De toutes ces beautez que vostre corps receut Du tant prodigue loz de Nature et des Muses : L'estoille de vostre œil sans feintise et sans ruses Et vos lèvres dont l'arc par Amour fut conceu,
Vos aimes mains, qui n'ont infortunés déeeu, Le rire alaigre et frays dont oncques ne mésuse Un cœur plus net que la fontaine d'Aréthuse, Tout ce, vostre thrésor, est pleinement perceu.
Ores, encor plus chère à ma mémoire, et celle
Dont je tremble, quand l'huis sur moi se ferme et cèle
L'univers dont je veux m'éloiguer à recoi.
Est, oubliant les loix de l'Archerot courtois
Qui blasme Vénus, si mute ne s'abandonne,
La doulce et rauque voix que mon baiser vous donne.