GRACES
Mon Dieu, soyez béni de me l'avoir donnée.
Trop tôt, adolescence ivre et désordonnée,
Vous avez pris mes mains dans vos lascives mains
Et dirigé mes pas vers les courbes chemins
Qui vont du rire aux pleurs, du rêve à la névrose ;
J'ai baisé trop souvent votre bouche trop rose,
Eros fardé du cirque et de la rampe en feu . . .
Mais vous êtes venu, venu comme un dieu bleu
Surgissant d'un Jardin tout inondé d'aurore.
Amour, tu es venu, comme l'aube qui dore
De l'éclat innocent d'un timide matin
Les fronts pâlis et les fleurs mortes d'im festin . . .
FA vers la bonne route mon âme s'est tournée.
Soyez béni, mon Dieu, de me l'avoir donnée.