‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 44 sur 64 · GRACES · texte numérisé non relu

GRACES

Mon Dieu, soyez béni de me l'avoir donnée.

Trop tôt, adolescence ivre et désordonnée,

Vous avez pris mes mains dans vos lascives mains

Et dirigé mes pas vers les courbes chemins

Qui vont du rire aux pleurs, du rêve à la névrose ;

J'ai baisé trop souvent votre bouche trop rose,

Eros fardé du cirque et de la rampe en feu . . .

Mais vous êtes venu, venu comme un dieu bleu

Surgissant d'un Jardin tout inondé d'aurore.

Amour, tu es venu, comme l'aube qui dore

De l'éclat innocent d'un timide matin

Les fronts pâlis et les fleurs mortes d'im festin . . .

FA vers la bonne route mon âme s'est tournée.

Soyez béni, mon Dieu, de me l'avoir donnée.

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