‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 49 sur 64 · PALERME · texte numérisé non relu

PALERME

Trop de musique, trop de livres, trop d'encens ! J'ouvris ma fenêtre sur la nuit finissante, Une brise, varech et fleurs, tiède et puissante, Alanguissait la rue étroite et sans passants;

Sveltes et bleus comme des minarets persans Des cyprès s'argentaient dans l'ombre décroissante, On entendait une fontaine bruissante . . . Et soudain, derrière les dômes pâlissants,

Je vis, plus douce que la molle transparence

De ces matins de perle où tremble un ciel de France,

Surgir, sur les jardins de jade et les toits d'or,

Comme une vague parfumée et purpurine, L'aube de flamme rose où sommeillait encor L'émail sicilien de Palerme marine.

GOUACHES VENITIENNES

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