LE FOU VES FLEVRJ
« Pour les peuplades de l'Asie centrale, la Chine est toujours le Cathay, c'est-à-dire le Royaume Jleuri. »
kA Paul xArèiie.
SOUS l'empereur Jin-Tsong, à deux lys de la ville De Ping-Kiang, demeurait, dans un hameau tranquille, Un brave homme déjà sur l'âge, Tsieou-Sien.
Né d'humbles paysans, il avait pour tout bien, Avec sa maisonnette au toit couvert de chaume. Un enclos qu'il n'eût pas donné pour un royaume. Doux, simple, les yeux francs et le visage ouvert, Jamais las, Tsieou-Sien paraissait encor vert.
Malgré ses soixante ans. Vieillit-on, quand on aime?
Or, il avait Tamour, un amour vrai, suprême.
Source vive de joie et de célestes pleurs !
Et ce qu'il adorait ainsi, c'était les fleurs.
Il n'avait pas d'enfants, et sa femme était morte.
En face du soleil s'ouvrait la grande porte,
La porte à deux battants de son jardin chéri.
Pour arriver au toit qui lui servait d'abri,
On suivait des bambous légers, formant la haie.
Et des cyprès touffus. Plus loin, sous la saulaie.
Comme un visage ami sous des cheveux flottants,
Se montrait et riait l'eau claire des étangs.
Dans ce modeste enclos poussaient toutes les plantes.
On y voyait, suivant les saisons difi^érentes,
La pivoine, ce don du ciel, cete splendeur.
Le souple chèvrefeuille à la subtile odeur.
Les mauves, les lychnis, les fraîches balsamines.
L'églantier, rose et vert sous l'or des étamines.
Le lotus argenté, doux comme un soir d'amour,
Et les belles de nuit, et les belles de jour.
Le calycanthe offrait aux jeux de la lumière
Son calice semblable aux clochettes de pierre;
Sur la ketmie, errait le jasmin caressant.
L'acre œillet flambait, rouge et chaud comme du sang ;
Et, dans le blond fouillis des herbes effilées.
Croissait la matricaire insensible aux gelées.
Le poirier du Japon et le frileux pêcher
Frôlaient l'amandier nain, qui fleurit, si léger.
Dès qu'au chant clair des nids fuit l'hiver taciturne. Le népenthèsà la rosée ouvrait son urne; Le lys embaumait Tair ému d'un long frisson; Puis, avec maint arbuste encore et maint buisson, On trouvait le lin bleu, le vanillier flexible Que son parfum trahit quand il est invisible, Et le thé généreux, Tincomparable thé.
Qui nous verse à flots d*or la joie et la santé.
L'actif et bon vieillard, maître de ces merveilles,
Abrégeait son repos et prolongeait ses veilles
Pour prendre un plus grand soin de son trésor vivant.
Loin du monde et du bruit travaillant et rêvant.
Il se trouvait plus riche et plus heureux qu'un prince;
Il était bien connu, quoique son bien fût mince,*'
Et chacun l'appelait gaîment le Fou des Fleurs,
Lui, sans prêter l'oreille aux propos des railleurs,
Il allait et venait, fervent, plein de tendresse;
Et les fleurs lui rendaient caresse pour caresse.
Les gens peu scrupuleux, sachant sa passion.
Lui portaient quelquefois avec précaution
Des arbustes volés sur les rives voisines.
Coupés au ras du sol, ils étaient sans racines ;
Mais on dissimulait la chose pour le mieux, En mettant de la terre autour du pied. Le vieux Prenait tout, plantait tout, et, chose assez nouvelle, Sous ses mains tout chez lui repoussait de plus belle.
Levé de bon matin, sans faute, chaque jour.
Il puisait Teau bien vite, et vite, avec amour,
Il arrosait ses fleurs aux clartés de l'aurore ;
Le soir, il revenait les arroser encore.
Lorsque sa favorite allait s'épanouir.
Il chantait, il dansait. Puis, pour mieux en jouir.
Afin d'en mieux goûter la grâce enchanteresse,
Il mettait sur le feu, Toeil brillant d'allégresse.
Une coupe de vin, une tasse de thé.
Il s'avançait alors avec solennité,
Et, vers Tobjet de ses intimes préférences.
Il s'inclinait, faisant, entre ses révérences.
Quelques libations. Il répétait trois fois :
« Fleur, ouvre-moi ton cœurl Dieux, écoutez ma voix!
« Puissent, ô fleur qui nais, s'écouler mille années
(' Avant le froid déclin de tes splendeurs fanées ! »
Cela dit, s'asseyant par terre, le vieillard
Savourait sa boisson goutte à goutte; et très tard
Il restait là, béat, plein d'extase suprême.
Comme si, dans le ciel, il fleurissait lui-même.
Il fallait voir avec quel dévoùment parfait.
Sur les plants délicats que des yeux il couvait.
Il enlevait la boue et les feuilles jaunies.
Les fleurs qu'un mauvais temps avait un peu ternies,
Dans un bassin limpide il lavait leurs couleurs;
Et cela s'appelait pour lui « baigner les fleurs ».
Quand, avec la fureiir de l'aveugle vertige,
Un orage implacable avait brisé leur tige,
Plein de mélancolie, anxieux, oppressé,
Malade, il les pansait, comme on panse un blessé;
Puis, croyant rendre ainsi la guérison plus sûre,
A genoux, en prière, il baisait leur blessure;
Et cela, ce subtil, ce tendre traitement,
C'était « soigner les fleurs »; disait-il tristement.
Mais quels soupirs profonds, quand arrivait l'automne I
Oh! sur la terre en pleurs que le ciel abandonne.
Voir tout languir, voir tout expirer! C'est alors
Que Tsieou se sentait mourir de mille morts.
A quoi pouvait servir sa longue expérience?
Que faire? Sur le bord d'un plateau de faïence,
II venait déposer les fleurs, qu'il essuyait
Tout doucement, avec un balai de millet.
Le soir, il les couchait dans une étroite bière,
Les inhumait, plaçait en mémoire une pierre ;
Et cela, disait-il sur leur léger cercueil.
C'était « coucher les fleurs ». Puis il prenait le deuil.
Il était peu flatté qu'on lui rendît visite.
On est distrait, on est un peu brusque; et bien vite On a commis parfois d'incurables dégâts.
Les enfants lui donnaient, surtout, de grands tracas.
II aimait les oiseaux, leurs chansons et leurs ailes :
Les oiseaux sont gourmands, mais doux; les plus rebelles
S'apprivoisent, et font moins de mal que de bruit.
A Taise, il les laissait picorer un bon fruit;
Quant aux fleurs, même avec le plus joli ramage,
Il ne fallait jamais leur faire aucun dommage.
S'il voyait quelques-uns de ses hôtes ailés
Becqueter sottement les corolles: « — Allez!
Allez, leur disait-il, loin de mes fleurs si chères.
Quérir ce qu'il vous faut, créatures légères ! »
Afin de s'épargner un semblable chagrin,
Pour eux, il réservait toujours d'excellent grain
Qu'il plaçait sur le haut d'un tertre, en évidence;
Or, les petits oiseaux, vivant dans l'abondance,
Et comprenant fort bien ses paroles d'ailleurs,
Faisaient selon ses vœux et respectaient les fleurs.
Mais le ciel le plus pur reste-t-il sans nuage? — Un fils de mandarin, jeune homme au dur visage Qu'accompagnaient un tas de mauvais garnements, Vint à passer un jour près de ces lieux charmants. Il fut séduit, voulut entrer. & — Mon jeune maître. Lui dit le vieux Chinois, vous espérez peut-être Trouver dans cet enclos des choses de grand prix> Hélas ! je suis très pauvre, et je suis tout surpris
Que VOUS VOUS arrêtiez à mon humble demeure.
— Je veux voir ton jardin, fit Tautre, et que. je meure
Si je ne le vois pas jusqu'en son moindre coin î »
Le vieillard eut beau faire ; il était déjà loin,
Avec tous ses amis jaloux de lui complaire.
Tsieou les suivit donc, contenant sa colère,
Tremblant, pâle, et déjà pressentant un malheur.
C'était l'époque où les pivoines sont en fleur;
Et celles du jardin, toutes fraîches-écloses.
Etaient si doucement, si superbement roses,
Qu'à ses plus chers trésors Tsieou les préférait.
« — Que nous chantais-tu donc, vieillard par trop discret ?
Dit le chef de la bande au jardinier timide.
Voilà des fleurs qui font un parterre splendide ;
Je veux me reposer en cet endroit divin,
Et boire à ta santé. Qu'on apporte du vin !»
Il fallut bien céder à cette fantaisie.
On s'empressa d'étendre à la place choisie
Un grand tapis de feutre ; et, le vin apporté.
On s'installa sans gêne, on but à la santé
Du bonhomme, qui, lui, refusa de rien boire.
Chacun de s'escrimer contre son humeur noire :
Sa tristesse égayait l'assistance. « — Il est tard 1 »
Répétait Tsieou-Sien, attendant le départ
De ceux qu'il ne cessait de maudire en cachette.
« — Ton enclos me convient; vends-le moi, je l'achète!
S'écria tout à coup le jeune intrus. — Seigneufj
Ce jardin est ma vie, il est tout mon bonheur:
Je ne saurais le vendre à Votre Seigneurie.
— Bah 1 ces pivoines-là, sans plus de bouderie, Cueille-les moi, mon vieux, et tu n y perdras rien.
— Mes pivoines ! Couper mes pivoines I — Eh bien ! Pourquoi poussent les fleurs, sinon pour qu'on les cueille >
— J'en respecte jusqu'à la plus petite feuille, Et nul autre que moi n'entre dans ce séjour.
Les fleurs, c'est la beauté, l'espérance, l'amour I Par les rayons divins qui font briller leurs teintes, Les douces fleurs, les fleurs frêles, sont choses saintes I Il n'y faut pas toucher, cela porte malheur.
— Je crois que ce vieux fou me prend pour un voleur !» Grogna le méchant drôle à la mauvaise engeance
Qui l'escortait. Chacun ayant crié vengeance.
Il sentit redoubler sa rage et son ennui :
« — N'emportons rien, dit-il, mais cassons tout chez lui I»
Et, sous leurs coups, voilà que, par longues jonchées.
Tombent de toutes parts les pivoines hachées ;
Et l'on se sauve, avec des rires et des cris.
Ne laissant au vieillard que d'informes débris.
Tandis que, dans le soir silencieux et sombre,
11 pleurait, faible, seul, plein de tristesse et d'ombre^
Une femme très belle apparut à ses yeux.
« — Tsieou, fit-elle avec un geste gracieux,
Ta douleur m'a touchée, étant pure et profonde ;
Je viens à ton secours. — Hélas I personne au monde,
Madame, ne peut plus ressusciter mes fleurs.
— Ne désespérons pas-, sèche d'abord tes pleurs.
Veux-tu me laisser faire? Il faut qu'on se dépêche.
Cours vite me chercher là-bas un peu d'eau fraîche.
Et crois en moi I » Le vieux crut en elle, et courut.
Quand, avec l'eau par lui puisée, il reparut,
De la consolatrice il ne restait plus trace.
Mais les fleurs sur leur tige avaient repris leur place,
Pas une ne manquait ! Et la lune, émergeant
Des brumes, les baignait de ses rayons d'argent.
Le bonhomme attendri fondit en pleurs de joie.
Ses pivoines, son cher bouquet de fraîche soie,
11 ne se lassait point d'en contempler l'éclat.
Il vint toucher du doigt leur tissu délicat;
Il ne put les quitter de la nuit, et près d'elles
Resta pensif, jusqu'au réveil des hirondelles.
Et, dans sa rêverie, il se dit : <c Je gardais.
En jaloux, pour moi seul, ce que je possédais ;
Egoïste geôlier d'une terre féconde.
Ses trésors de beauté, j'en frustrais tout le monde;
J'avais grand tort, les Dieux viennent de m'avertir.
En signe de sincère et profond repentir.
Je veux que, désormais, chacun puisse, à toute heure,
Aller, venir, ainsi que moi, dans ma demeure.
lyH POÈMES DE CHINE
Et soit libre d'y voir quels superbes présents Le Ciel juste prodigue aux labeurs innocents. »
Donc, dès le lendemain, il fut, sans plus attendre,
Conter son aventure à qui voulut l'entendre.
Et dire qu'en venant voir ses fleurs à loisir.
On lui ferait autant d'honneur que de plaisir.
On parla fort de ses pivoines sans pareilles.
Du miracle ; et le bruit en vint jusqu'aux oreilles
De son persécuteur, le fils du mandarin.
Le drôle en rit d'abord et n'en crut pas un brin ;
Pourtant, le jour d'après étant un jour de fête,
Il voulut voir, il vit. Puis, réflexion faite.
Il accusa Tsieou d'être un magicien.
Justement, en vertu d'un édit ancien.
L'on poursuivait alors les sorciers, — un rebelle,
Un novateur impie, ayant cherché querelle
Et porté préjudice à des gens haut placés ;
Les dénonciateurs étaient récompensés
Par le don gracieux des biens de leur victime. —
Le vieillard, comme s'il avait commis un crime.
Fut pris, fut enchaîné, fut conduit en prison.
La nuit vint. Le cœur gros, il cherchait la raison
De ce nouveau malheur qui le frappait en traître.
Lorsqu'il vit, comme au fond d'un rêve, reparaître
La dame qui, naguère, avait ressuscité
Ses pivoines, dans tout l'éclat de leur beauté.
« — Connais-moi bien, vieillard! lui dit cette Immortelle.
Je suis la Fée-aux-Fleurs. J'ai pris sous ma tutelle
Ta vie ei ton jardin. Celui qui te poursuit, Celui qui m'a bravée, aura, dès cette nuit, Le juste châtiment qu'en tous points il mérite Pour sa cruauté froide et son zèle hypocrite. Toi, Tsieou, ne crains rien I Le parfum de tes fleurs Plaide ta cause au ciel. Dors! le temps des douleurs "Sera bientôt passé pour toi, je te Tatteste. » Elle dit; et, bercé par cette voix céleste, Le vieillard trouva bon son misérable lit.
Et tout ce qu'elle avait annoncé, s'accomplir.
Le dénonciateur, pressé par ses complices,
Avait hâte d'aller savourer les délices
Du jardin qu'il avait si lestement conquis.
Tout fut vite ordonné pour un repas exquis,
Qu'on devait prendre à l'ombre, au bord de l'eau dormante;
Et chacun se promit une fête charmante.
Mais quelle ne fut pas la stupeur de chacun,
Lorsque, arrivant ensemble au moment opportun,
Ils ne trouvèrent plus, par un nouveau prodige,
Une seule pivoine en place sur sa tige I
l8o POÈMES DE CHINE
Les fleurs jonchaient le sol, toutes dans un état
Lamentable; c'était comme après l'attentat.
On se sentit d'abord assez mal à son aise;
Mais, pour parer à cette impression mauvaise :
« — Encore un méchant tour du vieux sorcier! » dit-on.
Et puis on s'installa, dans un mol abandon.
Sur les épais tapis, sur les nattes luisantes.
Sans plus se soucier des fleurs agonisantes.
Le soleil descendait doucement du ciel d'or.
On but, on écouta des vers, on but encor.
Et tout le monde fut bientôt plus ou moins ivre.
Mais Tor du ciel s'étant terni comme du cuivre.
Dans un silence lourd le tonnerre gronda.
Au plus beau jour, le soir le plus noir succéda ;
Et, comme un tigre, ayant de loin flairé sa proie,
Bondit, Pétreint, la mord, la terrasse et la broie.
Sur cette orgie, avec un long déchirement.
Un ouragan terrible éclata brusquement.
Tout fut roulé, tordu. Les pivoines flétries.
Se transformant soudain en superbes furies.
Se dressèrent, le front implacable, devant
Les blêmes conviés que souffletait le vent,
Et chassèrent à coups de fouets, parmi les flammes.
Ce tremblant ramassis de débauchés infâmes.
L'usurpateur ne put éviter son destin :
Traîné sans connaissance à travers le jardin,
CONTES ET LÉGENDES l8l
Il fut précipité, la tête la première.
Dans un fossé fangeux, où, lorsque la lumière
Reparut dans les cieux par Taube balayés,
On repêcha son corps dont seuls passaient les pieds.
Épouvantés, rompus, ses tristes camarades
Déplorèrent bien haut toutes leurs algarades,
Coururent chez le juge, et Jà, pleins de remords,
A Tenvi l'un de l'autre avouèrent leurs torts.
Et le juge aussitôt reconnut l'innocence
Du pauvre Fou-des-Fleurs, qu'il fit, en sa présence,
Sans le moindre retard, rendre à la liberté.
Par ordre de justice, en outre, un arrêté
Fut pris, fut libellé, fut apposé sur l'heure
Au hameau du vieillard et devant sa demeure,
Qui racontait l'affaire en termes obligeants.
Et qui recommandait ses fleurs aux bonnes gens.
Quand il rentra dans son jardin, les yeux humides.
Tout pâle encore, avec des sourires timides.
On voulut le porter en triomphe. Il fallut
Qu'il dît à quel miracle il devait son salut ;
On vint de toutes parts écouter son histoire ;
Les pivoines brillaient, fières de leur victoire ;
Et l'on se promena sous les verts arbrisseaux,
Aux chansons des enfants et des petits oiseaux.
Jusqu'à ce qu'on sentît frissonner la nuit brune.
l82 POEMES DE CHINE
Or, le quinzième jour de la huitième lune,
Le temps était si doux, le ciel était si pur,
Un si tendre baiser s'exhalait de l'azur,
Que chacun dans son cœur sentait battre des ailes.
Le vieillard contemplait ses fleurs toujours plus belles,
Dont l'âme errait parmi sa contemplation.
L'air s'émut d'une étrange et sainte émotion :
L'on entendit vibrer dans la paix infinie
De sublimes accords d'amour et d'harmonie;
Tout semblait pénétré d'un charme solennel;
Un suave parfum, léger, surnaturel,
Délicieusement embaumait l'atmosphère.
On vit voler au loin les oiseaux qu'on révère,
Les cigognes de neige et les beaux phénix bleus;
Puis, sur une nuée aux reflets fabuleux.
Flottèrent des drapeaux couverts de broderies ;
Et, dans le ruisselant éclat des pierreries.
Sous Técharpe de soie aux limpides couleurs,
Triomphale, apparut la Déesse des Fleurs.
Le vieillard prosterna son front blanc jusqu'à terre. « — Ami, dit la Déesse à l'humble solitaire.
Redresse-toi sans peur î Sois fier, sois radieux 1
Ton amour pour les fleurs te vaut l'amour des Dieux,
Et la fatalité des épreuves humaines
N'existe plus pour toi. Je t'ouvre mes domaines,
Suis-moi! Tu trouveras dans un monde enchanté
La jeunesse éternelle et la pure beauté. y>
Tsieou fut soulevé par un souffle invincible ;
Et tout ce qu'il aimait, les fleurs, l'enclos paisible.
Tout montait avec lui, flottait, montait encor,
L'accompagnant au ciel sur un nuage d'or.
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TABLE