LE PRECIEUX SANG
Le Prêtre après qu'il a consommé le pain reçoit la substance de Jésus-Christ Sous une espèce liquide, Le corps concomitant au sang, Dieu au corps par le Verbe réuni
Tient dans ce calice qu'il vide, Le Verbe dans le calice d'or qui dit à l'Ineffable ce qu'il est.
Le sang qui est la Parole éternelle,
Dieu qui est dans la bouche de sa
créature, dans ce cœur où il se complaît,
Cette gorgée de vin réel !
Ce sang qu'il a reçu de Marie et la
chaleur de son propre cœur.
Ce sang qui lui fut commun avec elle.
Nous est à notre tour infus dans le soleil illuminateur
De l'ivresse sacramentelle!
O trait plus pénétrant que l'esprit, plus prompt de toutes parts que le feu.
O coupe de l'intelligence, Ouvre enfin dans ce cœur scellé, dans cette chair qui me sert de peu, La source de la pénitence !
La grande éruption de la soif, le déchirement du désir inassouvi,
Le mal de celui qui Vous aime, L'appel et l'indignation de celui qui au delà de la mort et de la vie
Préfère un autre à lui-même !
Heureux qui dans le désert de la Croix et le sommeil du Paradis
Partage la mort du Seigneur Et qui goûte et possède enfin par le fait de Dieu qui s'y est adjoint L'absolu de la douleur!
Ce que nous élevons entre nos mains, ce n'est pas seulement le calice d'or, C'est tout le sacrifice du Calvaire!
Ce que le Seigneur a remis entre nos mains, ce n'est pas seulement le mémoire de sa mort.
C'est sa personne tout entière !
La Rédemption tout entière vers nous comme un vase qui s'incline,
Les Cinq Fleuves du Paradis, Toute l'inondation sur nous de la préférence divine,
Nos lèvres à l'autre Vie !
Seigneur, qui pour un verre d'eau nous avez promis la mer illimitée.
Qui sait si vous n'avez pas soif aussi ? Et que ce sang qui est tout ce que nous avons soit propre à vous désaltérer.
C'est vrai puisque vous nous l'avez dit!
Si vraiment il y a une source en nous, eh bien, c'est ce que nous allons voir ! Si ce vin a quelque vertu.
Et si notre sang est rouge, comme vous le dites, comment le savoir,
Autrement que quand il est répandu ?
Si notre sang est vraiment précieux, comme vous le dites, si vraiment il est comme de l'or,
S'il sert, pourquoi le garder ?
Oublieux de tout ce qu'on peut acheter avec, pourquoi le réserver comme un trésor.
Mon Dieu, quand vous nous le demandez ?
Nos péchés sont grands, nous le savons, et qu'il faut absolument faire pénitence, Mais il est difficile pour un homme de pleurer :
Voici notre sang au lieu de larmes que nous avons répandu pour la France :
Faites en ce que vous voudrez !
Prenez le, nous vous le donnons, tirez en vous-même usage et bénéfice,
Nous ne vous faisons point de demande.
Mais si vous avez besoin de notre amour autant que nous avons besoin de votre Justice,
Alors c'est que votre soif est grande!