‹ Poemes de la guerre, 1870-1871Chapitre 23 sur 27 · A LA FRANCE · texte numérisé non relu

A LA FRANCE

O France , ù mon pays, ô terre d'allégresse

En qui les dieux païens nous ont rendu la Grèce,

Les dieux chrétiens, le Paradis; Reine de l'idéal , que des rois d'industrie Convoitaient courtisane et nous laissent patrie, France, que l'on prétend flétrie, Moi, je t'aime, et je te le dis !

ujii LA GUERRE.

Je t'aime, ô ma Vaincue, et mon orgueil t'appelle De tous les noms flatteurs que le plaisir épelle

Et qu"en rêve nous bégayons ; Lorsque ton mâle accent caresse mon oreille, Mon âme se détache et s'envole, pareille

A l'enfant qui poursuit l'abeille

Parmi les fleurs et les rayons.

Sans toi l'aurore n'est qu'une écharpe perdue;

Le printemps sans objet erre dans l'étendue; La brise souffle sans dessein. —

L'univers n'a le droit de se regarder vivre

Que lorsque tu t'endors, le coude sur un livre. Ayant usé l'or et le cuivre Pour les parures de ton sein.

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