LES PREMIERS TEMPS
A M. LéON GA'MBETTA
Nous nous levons alors !
P. GOBNBILLE.
Trois ans, limpide Avril de notre liberté, Printemps de rose et d'or avant le rouge été,
Quand la France pleine de sèves, Comme un enfant ouvrant ses veux au clair soleil, Gardait Tétonnement joyeux de son réveil
Et les promesses de ses rêves ;
Trois ans où tout fut bon, fraternel et clément. En pleine lutte ardente un cri de rallîment
Dans notre cœur tressaille encore, La guerre aux seuls abus que l'on voulait briser, L'espoir indéfini d'un immense baiser.
Un orage dans une aurore !
Quel vol d'événements à travers l'horizon !
Peuple alors échappé d'une antique prison,
Tes pas lancent des étincelles ; Pour suivre ton essor libre enfin du réseau L'Histoire est bondissante, et, comme un jeune oiseau,
Elle a des chansons et des ailes !
C'est la séance auguste où, lutteurs du Devoir, Les Députés du Tiers, héros en habit noir,
Debout contre tout un royaume.
Ont prêté ce serment dont tremblent les palais Dans la salle où, parmi l'essaim de ses valets,
D'Artois s'égaie au Jeu de Paume !
C'est le Jour éclatant de lumière où Paris Menant ses citoyens endimanchés, fleuris.
Ainsi qu'aux fêtes de famille.
Alla d'un pied joyeux, en allègre marcheur.
Droit vers son but avec l'arme du bon faucheur
Retrancher du sol la Bastille ;
C'est l'héroïque nuit des saints renoncements, Cette nuit du quatre Août quand des preux bien-aimants, Dans un élan trop éphémère.
Ont la première fois pour de nouveaux venus
Laissé battre leur cœur et nous ont reconnus
Sur ton sein, ô France ma mère I
C'est la semaine heureuse où par tous les chemins Les citoyens riants et les mains dans les mains
Saluaient leur indépendance.
Fédérations, souvenir immortel !
Tous frères apportant la terre au même autel
Et partout un long chœur de danse...
Semaine impérissable où vieillards rajeunis, Viergçs, adolescents par leurs mères bénis
Ou par leur aïeule attendrie Sentaient dans un éclair électrique et divin Du mont le plus altier au plus humble ravin
Courir Tâme de la Patrie.
Et vous, oh non I jamais ne soyez oubliés, Couvent des Jacobins, cloître des Gordeliers,
Qui sous des voûtes centenaires Avez pour les combats sans trêve ni merci.
Recelé la parole impétueuse, ainsi
Qu'un double arsenal de tonnerres ;
Quel vol d'événements à travers l'horizon !
Peuple alors échappé d'une antique prison,
Tes pas lancent des étincelles ; Pour suivre ton essor libre enfin du réseau L'Histoire est bondissante, et, comme un jeune oiseau,
Elle a des chansons et des ailes !
C'est la séance auguste où, lutteurs du Devoir, Les Députés du Tiers, héros en habit noir.
Debout contre tout un royaume.
Ont prêté ce serment dont tremblent les palais Dans la salle où, parmi l'essaim de ses valets,
D'Artois s'égaie au Jeu de Paume !
C'est le jour éclatant de lumière où Paris Menant ses citoyens endimanchés, fleuris.
Ainsi qu'aux fêtes de famille.
Alla d'un pied joyeux, en allègre marcheur.
Droit vers son but avec l'arme du bon faucheur
Retrancher du sol la Bastille ;
C'est l'héroïque nuit des saints renoncements. Cette nuit du quatre Août quand des preux bien-aimants, Dans un élan trop éphémère.
Ont la première fois pour de nouveaux venus Laissé battre leur cœur et nous ont reconnus Sur ton sein, ô France ma mère I
C'est la semaine heureuse où par tous les chemins Les citoyens riants et les mains dans les mains
Saluaient leur indépendance.
Fédérations, souvenir immortel !
Tous frères apportant la terre au même autel
Et partout un long chœur de danse...
Semaine impérissable où vieillards rajeunis, Viergçs, adolescents par leurs mères bénis
Ou par leur aïeule attendrie Sentaient dans un éclair électrique et divin Du mont le plus altier au plus humble ravin
Courir Tâme de la Patrie.
Et vous, oh non I jamais ne soyez oubliés, Couvent des Jacobins, cloître des Gordeliers,
Qui sous des voûtes centenaires Avez pour les combats sans trêve ni merci, Recelé la parole impétueuse, ainsi
Qu'un double arsenal de tonnerres ;
Quel vol d'événements à travers Thorizon I Peuple alors échappé d'une antique prison,
Tes pas lancent des étincelles ; Pour suivre ton essor libre enfin du réseau L'Histoire est bondissante, et, comme un jeune oiseau,
Elle a des chansons et des ailes !
C'est la séance auguste où, lutteurs du Devoir, Les Députés du Tiers, héros en habit noir.
Debout contre tout un royaume.
Ont prêté ce serment dont tremblent les palais Dans la salle où, parmi l'essaim de ses valets,
D'Artois s'égaie au Jeu de Paume !
C'est le Jour éclatant de lumière où Paris Menant ses citoyens endimanchés, fleuris.
Ainsi qu'aux fêtes de famille.
Alla d'un pied joyeux, en allègre marcheur, Droit vers son but avec l'arme du bon faucheur
Retrancher du sol la Bastille;
C'est l'héroïque nuit des saints renoncements, Cette nuit du quatre Août quand des preux bien-aimants, Dans un élan trop éphémère.
Ont la première fois pour de nouveaux venus Laissé battre leur cœur et nous ont reconnus Sur ton sein, ô France ma mère I
C'est la semaine heureuse où par tous les chemins Les citoyens riants et les mains dans les mains
Saluaient leur indépendance.
O Fédérations, souvenir immortel I Tous frères apportant la terre au même autel
Et partout un long chœur de danse...
Semaine impérissable où vieillards rajeunis, Viergçs, adolescents par leurs mères bénis
Ou par leur aïeule attendrie Sentaient dans un éclair électrique et divin Du mont le plus altier au plus humble ravin
Courir Tâme de la Patrie.
Et vous, oh non I jamais ne soyez oubliés.
Couvent des Jacobins, cloître des Cordeliers,
Qui sous des voûtes centenaires Avez pour les combats sans trêve ni merci, Recelé la parole impétueuse, ainsi
Qu'un double arsenal de tonnerres ;
Quel vol d'événements à travers Thorizon !
Peuple alors échappé d'une antique prison,
Tes pas lancent des étincelles ; Pour suivre ton essor libre enfin du réseau L'Histoire est bondissante, et, comme un jeune oiseau,
Elle a des chansons et des ailes !
C'est la séance auguste où, lutteurs du Devoir, Les Députés du Tiers, héros en habit noir.
Debout contre tout un royaume. Ont prêté ce serment dont tremblent les palais Dans la salle où, parmi l'essaim de ses valets,
D'Artois s'égaie au Jeu de Paume !
C'est le Jour éclatant de lumière où Paris Menant ses citoyens endimanchés, fleuris.
Ainsi qu'aux fêtes de famille.
Alla d'un pied joyeux, en allègre marcheur.
Droit vers son but avec l'arme du bon faucheur
Retrancher du sol la Bastille ;
C'est l'héroïque nuit des saints renoncements. Cette nuit du quatre Août quand des preux bien-aimants, Dans un élan trop éphémère.
Ont la première fois pour de nouveaux venus
Laissé battre leur cœur et nous ont reconnus
Sur ton sein, ô France ma mère I
C'est la semaine heureuse où par tous les chemins Les citoyens riants et les mains dans les mains
Saluaient leur indépendance.
O Fédérations, souvenir immortel !
Tous frères apportant la terre au même autel
Et partout un long chœur de danse...
Semaine impérissable où vieillards rajeunis, Viergçs, adolescents par leurs mères bénis
Ou par leur aïeule attendrie Sentaient dans un éclair électrique et divin Du mont le plus altier au plus humble ravin
Courir Tâme de la Patrie.
Et vous, oh non I jamais ne soyez oubliés, Couvent des Jacobins, cloître des Gordeliers,
Qui sous des voûtes centenaires Avez pour les combats sans trêve ni merci, Recelé la parole impétueuse, ainsi
Qu'un double arsenal de tonnerres ;
Ni vous, journaux profonds, Téhémenls ou malius, Feuille de Loustalot, pamphlet de Desmoulins,
Flèches traversant les broussailles, (Jiii rejoigniez si bien de vos brusques élans Derrière un mur épais de Suisses, de hulans,
La Royauté dans son Versailles ;
Ni \ous, brillants tribuns, athlètes radieux, lii'âtcz toujours la joie épique de nos yeux,
Le lyrique oi^ueil de notre âme.
Soyez notre invincible honneur et notre amour, lui, Bamave, si noble et si pur jusqu'au jour
Où t'ont fléchi des pleurs de femme;
■fui, Mirabeau, pareil aux vastes.ouragans Pi'ompts à jeter à bas les sapint arrogants.
Prodigieuse créature Si puissante qu'en toi notre regard béant ^'uit bien moins un génie et bien moins un géant
Qu'une force de la nature ;
lui surtout, La Fayette, ô notre chevalier,
Modeste contempteur du superbe laurier.
Jugeant tes destins assez amples
D'être resté, setoblable au roc tranquille et fier Que n'ébranleront point les assauts de la mer, L'immuable donneur d'exemples.
Oh ! ces trois ans, ce fut une riche saison, Toute une sympathique et chaude floraison
Où s'épanouit l'ame humaine :
La Révolution tendre chez les vainqueurs.
Pacifique et prenant pour conquêtes les cœurs,
L'univers ému pour domaine.
Ivre de l'avenir, l'Europe renaissait :
Dans la rue à Florence, à Vienne, on s'embrassait
Après nos grands jours olympiques ; Tant les peuples savaient que nos bras généreux. Epris de délivrance et conjbattant pour eux,
Aux rois seuls destinaient leurs piques.
Le genre humain en fleur n'avait plus que vingt ans. On eût dit l'âge d'or conquis par des Titans :
Tout était jeunesse, amour, gloire.
Triomphe, et l'on croyait au bonheur éternel. Sans prévoir un obstacle au rêve fraternel,
Un lendemain à la victoire.
I^i vous, journaux profonds, véhémenls ou malins, Feuille de Loustalot, pamphlet de Desraoulins,
Flèches traversant les broussailles, Oui rejoigniez si bien de vos brusques élans Derrière un mur épais de Suisses, de bulans,
La Royauté dans son Versailles ;
Ni vous, brillants tribuns, athlètes radieux, Iti'âtez toujours la joie épique de nos yeui,
Le lyrique orgueil de notre âme, Soyeï notre invincible honneur et notre amour, lui, Bamave, si noble et si pur jusqu'au jour
Où t'ont fléchi des pleurs de femme;
Tiii, Mirabeau, pareil aux vastes ouragans Piompts k jeter à bas les sapln> arrogants.
Prodigieuse créature 8i puissante qu'en toi notre regard béant Vuit bien moins un génie et bien moins un géant
Qu'une force de k nature ;
lot surtout, La Fayette, ô notre chevalier,
Mudeste contempteur du superbe laurier,
Jugeant t«s destins assez amples
D'être resté, settiblable au roc tranquille et fier Que n'ébranleront point les assauts de la mer, *
L'immuable donneur d'exemples.
Oh ! ces trois ans, ce fut une riche saison, Toute une sympathique et chaude floraison
Où s'épanouit l'ame humaine :
La Révolution tendre chez les vainqueurs, Pacifique et prenant pour conquêtes les cœurs.
L'univers ému pour domaine.
Ivre de l'avenir, l'Europe renaissait :
Dans la rue à Florence, à Vienne, on s'embrassait
Après nos grands jours olympiques ; Tant les peuples savaient que nos bras généreux. Épris de délivrance et conjbattant pour eux.
Aux rois seuls destinaient leurs piques.
Le genre humain en fleur n'avait plus que vingt ans. On eût dit l'âge d'or conquis par des Titans :
Tout était jeunesse, amour, gloire, Triomphe, et l'on croyait au bonheur éternel. Sans prévoir un obstacle au rêve fraternel,
Un lendemain à la victoire.
A JULES CLARETIE
Encort maintenant lei barbare! disent que rien n'est plas redoutable que la goSpe attiqoe.
ÂBI8T0PBAIII.
Effroi des Feuillants à rœil terne Qu'il joue et qu'il déjoue, et qu'il bat et qu'il berae, C'est l'fforace de la Lanterne ;
Mieux encor, c'est Camille, un accord singulier
De poète et de Gordelier, Pour aimer sans égal, sans égal pour railler;
Riant d'un rire qui m'effare, Jetant sur l'avenir les lueurs d'un grand phare. Tour à tour sifflet ou fanfare;
Parfois en fer de lance aiguisant ses chansons,
Trempant de venin ses soupçons, Il enfonce les mots comme autant de poinçons.
Il tue alors tous ceux qu'il blesse, Le Maury, le veto, la cour et la noblesse, La force et même la faiblesse.
Sa fougue meurtrière est toujours à Tassant.
Gare au méchant et gare au sot, A rhonnête homme aussi... gare à toi, cher Brissot.
Tel un dieu d'Orient, funeste Et bon, fait alterner Tabondance et la peste, Fécondant ou broyant d'un geste.
Tmir-àtour c'est Ménippe aboyant au passant,
A^rîstophane éblouissant, Diogène parfois éclaboussé de sang.
Mais bientôt par une éclaircie La Liberté visible à sa verve associe L'âpre accent de la Boétie.
A JULES CLARETIE
Encore maintenant les barbaret disent que rien n'est plus redoutable que la gnépe attique.
ÂBI8T0PBAMI.
Effroi des Feuillants à Toeil teme Qu'il joue et qu'il déjoue, et qu'il bal et qu'il berne, C'est l'fforace de la Lanterae ;
Mieux encor, c'est Camille, un accord singulier
De poète et de Cordelier, Pour aimer sans égal, sans égal pour railler;
Riant d'un rire qui m^effare.
Jetant sur Tayenir les lueurs d'un grand phare, Tour à tour sifflet ou fanfare;
Parfois en fer de lance aiguisant ses chansons,
Trempant de venin ses soupçons, Il enfonce les mots comme autant de poinçons.
Il tue alors tous ceux qu'il blesse, Le Maury, le veto, la cour et la noblesse, La force et même la faiblesse.
Sa fougue meurtrière est toujours à Tassant.
Gare au méchant et gare au sot, A rhonnête homme aussi... gare à toi, cher Brissot.
Tel un dieu d'Orient, funeste Et bon, fait alterner l'abondance et la peste, Fécondant ou broyant d'un geste.
Tmr&iour c'est Ménippe aboyant au passant,
A^ristophane éblouissant, Dîogène parfois éclaboussé de sang.
Mais bientôt par une éclaircie La Liberté visible à sa verve associe L'âpre accent de la Boétie.
A JULES CLARETIE
Encort maintenant lei barbaret disent que rien n'est plas redoutable que la gnépe attique.
ÂRISTOPHAMI.
Effroi des Feuillants à Tœil teme Qu'il joue et qu'il déjoue, et qu'il bat et qu'il berne, C'est l'Horace de la Lanterae ;
Mieux encor, c'est Camille, un accord singulier
De poète et de Gordelier, Pour aimer sans égal, sans égal pour railler;
Riant d'un rire qui m'effare.
Jetant sur l'ayenir les lueurs d'un grand phare, Tour à tour sifflet ou fanfare;
Parfois en fer de lance aiguisant ses chansons,
Trempant de venin ses soupçons, Il enfonce les mots comme autant de poinçons.
Il tue alors tous ceux qu'il blesse, Le Maury, le veto, la cour et la noblesse, La force et même la faiblesse.
Sa fougue meurtrière est toujours à Tassant.
Gare au méchant et gare au sot, A rhonnête homme aussi... gare à toi, cher Brissot.
Tel un dieu d'Orient, funeste Et bon, fait alterner l'abondance et la peste, Fécondant ou broyant d'un geste.
Ttniràtour c'est Ménippe aboyant au passant,
iiristopbane éblouissant, Diogène parfois éclaboussé de sang.
Mais bientôt par une éclaircie La Liberté visible à sa verve associe L'âpre accent de la Boétie.
Il lance un fiât lux impérieux et fier,
Rêvant sur les débris d'hier Une Lutèce aux pieds caressés par la mer ;
Une Grèce parisienne, Dans nos brumes du Nord lumineuse et païenne La République athénienne ;
Et tous heureux, et tous ravis, et tous chantants,
La pompe des Arts éclatants Et les Muses faisant abdiquer les Titans.
Yoilà notre Camille, une âme . Enfantine, vaillante et folle, oiseau de flamme. Esprit de faune et cœur de femm»!
Kl