A EUGÈNE MANUEL
Vous avez chassé les meilleurs.
Satire Ménippée»
Ils s'en vont, les proscrits antiques, Par les champs pleins de trahisons, Sous rinclémence des saisons, Chantant des airs patriotiques.
Le hasard douteux les conduit Et la mort s'attache à leur piste.
Dénoncés par le soleil triste, Ils sont épiés par la nuit.
Le ciel brumeux, le sol acerbe, Tout conspire et s'arme contre eux ; Et pourtant qu'ils seraient heureux Pour un peu d'eau, pour un peu d'herbe!
Heureux si, dans un champ de blé, Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé ;
Et si les arbres pacifiques Épaississaient hospitaliers Sur leurs fronts aimés des lauriers De larges feuillages civiques !
Heureux si quelque toit béni Offrait à leur fortune amère Le hasard d*un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours l'exil recommence, Encor plus âpre qu'au début, Sans espoir, sans fin et sans but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
A ALBERT MÉRAT
Ils sont partis neuf de Quimper ; Ainsi qu'un enfant libre et fier
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer : La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.
L'azur sourit à l'accalmie ;
La yague a fait comme une amie
Taire ses cris :
La grande mer s'est endormie
Pour être .douce aux neuf proscrits.
L'azur sourit à l'accalmie.
Heureux si, dans un champ de blé, Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé ;
Et si les arbres pacifiques Épaississaient hospitaliers Sur leurs fronts aimés des lauriers De larges feuillages civiques !
Heureux si quelque toit béni Offrait à leur fortune amère Le hasard d'un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours Texil recommence, Encor plus âpre qu'au début.
Sans espoir, sans fm et sans but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
A ALBERT MÉRAT
Ils sont partis neuf de Quimper ; Ainsi qu'un enfant libre et fier
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer :
La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.
L'azur sourit à l'accalmie ;
La vague a fait comme une amie
Taire ses cris :
La grande mer s'est endormie
Pour être .douce aux neuf proscrits.
L'azur sourit à l'accalmie.
Heureux si, dans un champ de blé, Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé;
Et si les arbres pacifiques Épaississaient hospitaliers Sur leurs fronts aimés des lauriers De larges feuillages civiques !
Heureux si quelque toit béni Offrait à leur fortune amère Le hasard d*un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours l'exil recommence, Encor plus âpre qu'au début, Sans espoir, sans un et sans but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
A ALBERT MÉRAT
Ils sont partis neuf de Quimper; Ainsi qu'un enfant libre et fier
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer :
La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.
L'azur sourit à l'accalmie ;
La vague a fait comme une amie
Taire ses cris :
La grande mer s'est endormie Pour être .douce aux neuf proscrits.
L'azur sourit à l'accalmie.
Heureux si, dans un champ de blé, Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé ;
Et si les arbres paciriques
Épaississaient hospitaliers
Sur leurs fronts aimés des lauriers
De larges feuillages civiques !
Heureux si quelque toit béni OQrait à leur fortune amère Le hasard d'un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours l'exil recommence, Encor plus âpre qu'au début, Sans espoir, sans fm et sant> but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
A ALBERT MÉRAT
Ils sont partis neuf de Quimper ; Ainsi qu'un enfant libre et fier
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer :
La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.
L'azur sourit à l'accalmie ;
La vague a fait comme une amie
Taire ses cris :
La grande mer s'est endormie Pour être .douce aux neuf proscrits.
L'azur sourit à l'accalmie.
Heureux si, dans un champ de blé.
Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé ;
Et si les arbres pacifiques Épaississaient hospitaliers Sur leurs fronts aimés des lauriers De larges feuillages civiques !
Heureux si quelque toit béni Offrait à leur fortune amère Le hasard d'un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours l'exil recommence, Encor plus âpre qu'au début.
Sans espoir, sans fm et sans but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
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Heureux si, dans un champ de blé, Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé ;
Et si les arbres pacifiques Épaississaient hospitaliers Sur leurs fronts aimés des lauriers De larges feuillages civiques I
Heureux si quelque toit béni Offrait à leur fortune amère Le hasard d'un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours l'exil recommence, Encor plus âpre qu'au début, Sans espoir, sans fm et sans but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
A ALBERT MÉRAT
Ils sont partis neuf de Quimper ; Ainsi qu'un enfant libre et fier
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer :
La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.
L'azur sourit à Taccalmie ;
La vague a fait comme une amie
Taire ses cris :
La grande mer s'est endormie
Pour être .douce aux neuf proscrits.
L'azur sourit à l'accalmie.
Heureux si, dans un champ de blé, Par les méridiennes lourdes Ou sous la fraîcheur des nuits sourdes Leur sommeil n'était point troublé ;
Et si les arbres pacifiques Épaississaient hospitaliers Sur leurs fronts aimés des lauriere De larges feuillages civiques !
Heureux si quelque toit béni Offrait à leur fortune amère Le hasard d'un charme éphémère Et la chaude douceur d'un nid.
Mais toujours Texil recommence, Encor plus âpre qu'au début, Sans espoir, sans fin et sans but, A travers l'étendue immense !
LA BARQUE
A ALBERT MÉRAT
Ils sont partis neuf de Quimper ; Ainsi qu'un enfant libre et fier
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer :
La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.
L'azur sourit à l'accalmie ;
La vague a fait comme une amie
Taire ses cris :
La grande mer s'est endormie
Pour être .douce aux neuf proscrits.
L'azur sourit à l'accalmie.
• 150 LA BARQUE
Us s'estiment victorieux ; L'espérance au vol glorieux
Les fait revivre ; C'est la joie immense des dieux Qui les emplit et les enivre.
Ils s'estiment victorieux.
L'attente du combat les sèvre ; Leur cœur tumultueux s'enfièvre ;
Leur chant grandit ; La Marseillaise sur leur lèvre Gomme un oiseau géant bondit.
L'attente du combat les sèvre.
Le péril cède à leur dédain.
Qu'ils touchent le sol girondin,
Terre féconde, Et ces proscrits croiront soudain Avoir conquis la paii du monde.
Le péril cède à leur dédain.
Voici leur rêve de lumière, Bordeaux, la cité familière...
'ut au port !
LA. BARQUE. 151
Couronnez-vous d'ache et de lierre, Pauvres héros qu'attend la mort.
Voici leur rêve de lumière.
Ils sont partis neuf de Quiraper.
Ainsi qu'un enfant libre et fier,
Leur barque glisse.
Laissez-vous bercer par la mer ; La mer sera bonne nourrice.
Ils sont partis neuf de Quimper.