‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 40 sur 73 · A AUGUSTE ROBERT · texte numérisé non relu

A AUGUSTE ROBERT

Nous, nom «mbrasâions par nos noms* Montaigne.

Cruauté des Gollot, faiblesse des Barère !

Ce Saint-Just est de marbr& et Fautre vend son frère ;

Des vieilles amitiés il tranche le lien

Et Camille est livré par Maximilien !

Ils Font osé. — La nuit honteuse est leur complice,

Et, pour que leur décret inique s'accomplisse.

Des soudards d'Henriot et des gens à bâton

Se glissent ténébreux jusqu'au seuil de Danton

Et fondent vingt contre un sur cette immense proie.

Dans son nid de baisers et d'amoureuse joie

Desmoulins est saisi par les noirs racoleurs

De la mort qui riront de sa Lucile en pleurs.

Mais lorsque.Robespierre à peu de frais vainqueur, Grâce à ce vieil ami -Desmoulins dont le cœur Battait pour lui depuis les heures du collège, Put de sang froid laisser se prendre dans un piège Cet être confiant qui Tavait tant aimé.

Le jeter en pâture au cachot affamé Et livrer, oublietLx des saisons anfantines, . La tête fraternelle au fer des guillotines, Robespierre fut lâche et traître et meurtrier, Et rien, même la mer, ne saurait essuyer Aux lèvres de ce morne et fatal patriote La trace d'un nouveau baiser d'Iscariote.

Page 1