A M. ADRIEN HÉBRARD
Sage Républicain que la haine diffimie,
Sans jamais pouvoir le ternir, Gondorcet proscrit, seul, caché par une femme.
Porte en soi Timmense avenir.
Que lui font le passé, le présent, la tempête
Sifflante dans Tair haletant, La hache à tout moment pendante sur sa tête
Insatiable et qui Tattend ?
Il méconnaît la mort qui passe et qui repasse
Incessamment dans le chemin Et qui semble aujourd'hui ne lui faire encor grâce
Que pour le reprendre demain.
27(î LE TESTAMENT DR CONDORCBT.
L*ilme de Condorcet stoïque, inébranlée,
Plane au-dessus de ces périls, Toujours plus haut et va par Tespace, envolée
A travers de lointains exils.
Il voit THumanité dans son cours séculaire.
Suit en ses bonds étincelants La grande voyageuse et note sans colère
Ses chutes comme ses élans.
Malgré les rois, malgré les bonzes, les satrapes.
Les myrmidons ou les titans Qui retardent sa marche, il compte neuf étapes
Sur la route large des temps.
Neuf âges lumineux d'où notre race humaine
Prend un sûr et nouvel essor, Et part, obéissant à la loi qui la mène.
Comme à la quête d'un trésor.
L'argonaute éternel qu'appellent sans relâché
La science et la liberté.
Le genre humain d'un pied ferme accomplit sa tâche.
L'itinéraire illimité.
Et, devant le penseur, témoin de chaque halte,
De chaque oasis rajeuni.
Suit la marche en avant que Condorcet exalte,
Le grand Progrès indéfini!
De cette Yision le condamné s'enivre
Et, toujours extatique et fort, Il la déroule au pur courant d'un noble livre
Sans trahir nul pénible effort.
Il est lui-même ardent et froid ; il nous révèle
Dans ce limpide testament Sa foi sans défaillir en la race nouvelle
Et son sublime entêtement.
Il croit au Bien, il croit au Mieux, il croit au Juste :
Le Mal, cet accident grossier.
Ne peut même entamer Tenveloppe robuste
De ses convictions d'acier.
La Révolution le proscrit et le tue :
Résigné tel qu'un fils pieux 11 lui garde en son cœur une blanche statue
Sur l'autel le plus glorieux.
Il l'absout et la voit pareille à la Nature
Dont le soleil chauffe les airs.
Morbide et meurtrier pour mainte ciéature.
Vivifiant pour l'univers.
LTime de Gondorcet stoïque, inébranlée,
Plane au-dessus de ces périls, Toujours plus haut et ya par Tespace, envolée
A travers de lointains exils.
Il voit THumanité dans son cours séculaire,
Suit en ses bonds étincelants La grande voyageuse et note sans colère
Ses chutes coname ses élans.
Malgré les rois, malgré les bonzes, les satrapes.
Les myrmidons ou les titans Qui retardent sa marche, il compte neuf étapes
Sur la route large des temps.
Neuf âges lumineux d'où notre race humaine
Prend un sûr et nouvel essor.
Et part, obéissant à la loi qui la mène.
Comme à la quête d'un trésor.
L'argonaute éternel qu'appellent sans relâché
La science et la liberté.
Le genre humain d'un pied ferme accomplit sa tâche.
L'itinéraire illimité.
Et, devant le penseur, témoin de chaque halte.
De chaque oasis rajeuni, Suit la marche en avant que Gondorcet exalte,
Le grand Progrès indéfini !
LE TESTAMENT DK-C0ND0RJ3ET. 277
De cette vision le condamné s'enivre
Et, toujours extatique et fort, Il la déroule au pur courant d'un noble livre
Sans trahir nul pénible effort.
Il est lui-même ardent et froid ; il nous révèle
Dans ce limpide testament Sa foi sans défaillir en la race nouvelle
Et son sublime entêtement.
Il croit au Bien, il croit au Mieux, il croit au Juste :
Le Mal, cet accident grossier.
Ne peut même entamer Tenveloppe robuste
De ses convictions d'acier.
La Révolution le proscrit et le tue :
Résigné tel qu'un fils pieux 11 lui garde en son cœur une blanche statue
Sur l'autel le plus glorieux.
Il l'absout et la voit pareille à la Nature
Dont le soleil chauffe les airs.
Morbide et meurtrier pour mainte ciéature.
Vivifiant pour l'univers.
LE TB8TAHKNT DB CONDOKCBT.
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LES MÈRES-
A JULES LEVAI., L^l S
Ainsi les heures éphémères,
Les mois, les rapides saisons
Retrouveront toujours les mères - Assises au seuil des prisons ;-
Insensibles à la cohue,
Aux cris sauvages ou m<Miueurs, :
Saintes Niobés de la rue,
Elles restent où sont leurs cœurs.
Rien ne peut émouvoir ces femmes ; Leur corps chétif est soulevé Par leurs pensers : ce sont des âmes Immobiles sur le pavé. *
Ainsi dans sa retraite obscure et clandestine,
Accessible à la trahison, Sous le couteau, non loin du champ de guillotine,
Et constamment prêt au poison, Le sage, dédaigneux des bourreaux, pur de haine,
Embrasse de ses yeux pensifs Les siècles à yenir et l'époque prochaine
Où, libre des maux primitifs, A jamais affranchis des fourbes et des maîtres.
Purifiés et réjouis, Dans leur fraternité paisible tous les êtres
Iront sous les cieux éblouis. Chantant ce songe d'or comme le chant du cygne,
Gondorcet mourut consolé De l'horreur transitoire et du présent indigne
Par l'avenir immaculé.
Il mourut en pressant dans ses bras l'Espérance
Prête encor à le secourir.
Et son dernier regard vit triompher la France
Et la République fleurir 1
LES MÈRES
A JULES LEVAI., Lfrl S
Ainsi les heures éphémères, •
Les mois, les rapides saisons
Retrouveront toujours les mères - Assises au seuil des prisons ;>
Insensibles à la cohue,
Aux cris sauvages ou m<Miueurs,
Saintes Niobés de la rue,
Elles restent où sont leurs cœurs. -
Rien ne peut émouvoir ces femmes ; Leur corps chétif «st soulevé Par leurs pensers : ce sont des âmes Immobiles sur le pavé. •
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