‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 55 sur 73 · DERNIERES PENSEES DE SAINT-JUST · texte numérisé non relu

DERNIERES PENSEES DE SAINT-JUST

Sentant profondément l'ingratitude aiguë,

Il jugeait que Tunique amie est la ciguë,

La seule qui jamais n'ait trompé notre espoir.

Ainsi, comme un soleil au déclin vers le soir, Gomme un soleil pâli par la teinte automnale, Penchait celui qui prit sa course matinale D'un pied si bondissant, comme un soleil d'été Se lance dans l'espace et dans l'immensité Et, se précipitant sur la terre, l'inonde Du grand baiser de feu qui dévore et féconde.

Gomme l'astre au couchant, tel Saint-Just s'affaissait. Mais parfois, redressant son front pâle, il pensait Que la gloire survit au héros qui succombe Gomme un marbre immortel sculpté sur une tombe, Un marbre impérissable ombragé de lauriers ; Et que, pieux vengeurs des oublis meurtriers, Les siècles tour à tour vont porter leur prière A cette tombe oii dort la stoïque poussière.

toi déjà blessé par le prochain trépas.

Proscrit du lendemain, tu ne te trompais pas.

Sur ton récent tombeau se dresse encore ta gloire.

Elle est de marbre ainsi que fut ton cœur. L'histoire i

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