‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 57 sur 73 · A M. ERNEST HAVET · texte numérisé non relu

A M. ERNEST HAVET

Les morts se vengenU

ESCHTLI.

La séance est ouverte et Saint-Just a parlé

En insidieux coryphée, Et tous se laissaient prendre à ce sophisme ailé

Quand cette voix fut étouffée.

Un seul cri. Tallien le poussera, ce cri,

Ce cri de révolte et de haine, Tel qu'en saurait lancer, dressant son bras meurtri,

Un esclave qui rompt sa chaîne.

Et Billaud lui répond, mieux qu*nn écho Tibrant,

Dardant ses phrases ayec rage Comme les jets tordus de Téclair fulgurant

Qui se fait suivre de Torage.

La Montagne frémit belliqueuse. Merlin Croise les bras, noble adversaire;

Lecointre montre avec un geste sibyllin L'arsenal que sa poche enserre.

A droite il est plus d'un royaliste masqué

Avec une secrète joie Qui guette le moment de s'abattre, embusqué;

Sur une formidable proie.

D'autres, purs Girondins, fidèles aux cyprès

De mainte adorable victime, Savourent en heureux convives les apprêts

De la vengeance légitime.

D'autres enfin, plus froids qu'au profond des jardins

La statue en pleine charmille, Songent, vindicatifs comme ces Girondins,

A leur Danton, à leur Camille.

La Montagne frémit fiévreuse, mais son cœur

Est dur à l'égal de la pierre.

Car tous ont résolu, dans leur mâle rancœur,

Ta lourde chute, ô Robespierre !

Fanatique imprudent qui vise au dictateur, Robespierre s'est fait connaître,

Et la Convention de toute sa hauteur Se dresse contre ce grand prêtre.

Elle n'a pas brisé l'orgueil bourbonien

En son audace triomphante Pour retomber au joug de Maximilien ,

Fade et lugubre sycophante.

Or Robespierre est là sans pouvoir s'emparer

De la tribune refusée.

Il veut parler : dût-il rugir, dût-il pleurer.

Tout provoquerait la risée.

Il veut parler. Mais tel que l'impuissant rameur

Qu'étreint la trombe colossale, Il retombe opprimé par l'énorme clameur

Qui bondit à travers la salle.

Et Billaud lui répond, mieux qu'un écho vibrant,

Dardant ses phrases avec rage Comme les jets tordus de Féclair fulgurant

Qui se fait suivre de Torage.

La Montagne frémit belliqueuse. Merlin

Croise les bras, noble adversaire ; Lecointre montre avec un geste sibyllin

L'arsenal que sa poche enserre.

A droite il est plus d'un royaliste masqué

Avec une secrète joie Qui guette le moment de s'abattre, embusqué;

Sur une formidable proie.

D'autres, purs Girondins, fidèles aux c^^près

De mainte adorable victime, Savourent en heureux convives les apprêts

De la vengeance légitime.

D'autres enfin, plus froids qu'au profond des jardins

La statue en pleine charmille.

Songent, vindicatifs comme ces Girondins,

A leur Danton, à leur Camille.

La Montagne frémit fiévreuse, mais son cœur

Est dur à l'égal de la pierre.

Car tous ont résolu, dans leur mâle rancœur.

Ta lourde chute, 6 Robespierre !

Fanatique imprudent qui vise au dictateur,

Robespierre s'est fait connaître.

Et la Convention de toute sa hauteur

Se dresse contre <îe grand prêtre.

Elle n'a pas brisé l'orgueil bourbonien

En son audace triomphante Pour retomber au joug de Maximilien ,

Fade et lugubre sycophante.

Or Robespierre est là sans pouvoir s'emparer

De la tribune refusée.

Il veut parler : dût-il rugir, dût-il pleurer.

Tout provoquerait la risée.

Il veut parler. Mais tel que l'impuissant rameur

Qu'étreint la trombe colossale, Il retombe opprimé par l'énorme clameur

Qui bondit à travers la salle.

« Mort au tyran ! à bas le tyran ! » Cette voix

Prodigieuse et sépulcrale Sur tous les bancs éclate et fulmine à la fois :

Le vaincu balbutie et râle.

Il prie en vain la Droite et se suspend aux seins

De Fespérance malévole; Il s'écrie éperdu : « Président d'assassins,

Je te demande la parole ! »

La sonnette inflexible étouffe encor tes sons,

Rhétorique à Tagonie, Et Robespierre écoute avec d'affreux frissons

Ce long glas de sa tyrannie.

ou CIMBON INTIRYIKNT

Quand Maximilien, en habit bleu de ciel, Débita sa harangue interminable et fausse Qui vaguement poussait des hommes vers la fosse, Avec un ton poli, doucereux et cruel,

Il eut beau prodiguer tout son sucre et son miel, Et rajuster sa phrase ainsi qu'un haut de chausse Pour désarmer Gambon que le Devoir rehausse, Mais qu'il avait rapide éclaboussé de fiel.

Le rude citoyen d'un seul bond électrique Surgit, et sa parole, à l'instar d'une trique, Tomba sur Robespierre et lui cassa les os,

Et le fit repentir de sa lâche escapade, En infligeant sur place au tueur de héros Le supplice qui sied aux fourbes, l'estrapade!

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