LE SANG DE DA.NTON
Robespierre isolé, convulsif, aux abois.
Se débattait les yeux hagards, presque sans voix. Lorsque, tel qu'un serpent tapi sous une touffe, Un Montagnard soudain s'élançant lui dit : « Vois Le sang de Danton qui t'élouffe. »
« Mort au tyran ! à bas le tyran ! » Cette voix
Prodigieuse et sépulcrale Sur tous les bancs éclate et fulmine à la fois :
Le vaincu balbutie et râle.
Il prie en vain la Droite et se suspend aux seins
De Tespérance malévole; Il s'écrie éperdu : « Président d'assassins,
Je te demande la parole ! )>
La sonnette inflexible étouffe encor tes sons,
Rhétorique à Fagonie, Et Robespierre écoute avec d'affreux frissons
Ge long glas de sa tyrannie.
ou CIMBON INTBRYIINT
Quand Maximilien, en habit bleu de ciel, Débita sa harangue interminable et fausse Qui vaguement poussait des hommes vers la fosse, Avec un ton poli, doucereux et cruel,
Il eut beau prodiguer tout son sucre et son miel, Et rajuster sa phrase ainsi qu'un haut de chausse Pour désarmer Gambon que le Devoir rehausse, Mais qu'il avait rapide éclaboussé de fiel.
Le rude citoyen d'un seul bond électrique Surgit, et sa parole, à l'instar d'une trique, Tomba sur Robespierre et lui cassa les os,
Et le fit repentir de sa lâche escapade, En infligeant sur place au tueur de héros Le supplice qui sied aux fourbes, l'estrapade!