AUX MORTS DE PRAIRIAL
Mais il n'attendra pas ce groupe montagnard Sur réchafaud banal la hache inassouvie Ni la foule insensible au vague et long regard, Ils ont su se transmettre avec un seul poignard L'affranchissement de la vie.
Heureux ces morts ! leurs yeux libres n'ont plus à voir Rovère qui trahit, Tallien qui pactise.
Du peuple consterné l'infini désespoir, Et, plus cruel encore aux martyrs du Devoir, Le triomphe de la Sottise.
Et vous qui les tuez, par l'Histoire flétris. Vous envirez un jour la mort qui les délivre, Que vous restera-t-il, quand vainement surpris Vous subirez le joug d'un maître et son mépris, Rien que le lâche ennui de vivre I
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