‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 8 sur 73 · A AUGUSTE VACQUERIE · texte numérisé non relu

A AUGUSTE VACQUERIE

Le flot des hymne*.

PlHDABB.

La nuit est taciturne et sinistre L'orage

Flagelle Paris endormi Qui semble succomber aux ténèbres, parmi

L'horreur d'un silence sauvage.

L'orage est maître, il court en éclairs vagabonds Gomme en torrents de pluie aiguë

Du ciel au sol, des toits sonores à la rue.

Par jets, par flots, par sauts, par bonds.

Nul passant à travers les places inondées

Qui, sortant de la section.

Jetterait aux échos : « La mort ou Pétion I »

Point de patrouilles attardées.

Le désert. C'est à peine au coin d'un carrefour

Si des chiens aux voix de crécelles Hurlent. Tout dort Jusqu'aux voleurs et jusqu'à celles

Qui vendent leur stupide amour.

Seul le long des quais noirs d'ombre enveloppés veille,

Veille un modique bataillon, Suivant pour son chemin la foudre au bref sillon,

C'est le bataillon de Marseille.

Les jeunes fédérés, tête au soleil, pieds nus, Quand Barbaroux leur a fait signe,

Des lointains climats d'or où l'azur est insigne, Les braves gens, ils sont venus.

Ils sont venus, comme une élite citoyenne.

Par l'été lourd, sans peur d'user

Leur corps vivace, pour nous aider à briser Le Bourbon et l'Autrichienne.

Insensible à l'orage et bien plus véhément Que les trombes et les bourrasques,

Cet essaim de héros, fils des mistrals fantasques. S'avançait impatiemment,

Ainsi, près de la Seine aux eaux troubles qui s'ouvre

Au long ruissellement des cieux, Ils marchèrent, le pied ferme et le cœur joyeux

Jusqu'à leur but fatal, le Louvre!

Trempés de pluie hostile, ils ne frémissaient pas

Sous ces humides avalanches.

Veste ouverte, ils allaient tels qu'en leurs gais dimanches

Avec un chant rhythmant leui*s pas.

Ce chant les emportait comme auraient fait leurs danses

Bondissantes près de la mer, Gomme la farandole ou l'âpre bacchuber :

Telles éclataient leurs cadences,

Tels, contre les éclairs qui se réverbéraient

Sur les murs du palais visibles.

Non moins brusques, non moins hardis, non moins terribles.

Eux aussi les sons fulguraient.

De cent lèvres en feu comme d'une fournaise

Les sons s'échappaient enflammés Incendiant les fronts des rhapsodes armés,

C'est qu'ils chantaient la Marseillaise.

La Marseillaise dans l'orage ! étrange accord,

Le ciel mariant son tonnerre A ce chant qui recèle en ses refrains la guerre

Formidable aux tyrans du Nord ;

Et ces couplets ardents, pleins de fièvre et de poudre,

Traversés d'un mortel frisson, L'un sur l'autre éclataient dans l'ombre, à l'unisson,

A l'unisson des coups de foudre.

La Marseillaise dans la nuiti au seuil des rois

Le cri des nocturnes colères Que sous de grands soleils les tocsins populaires

Feront retentir tant de fois.

L'orage errait toujours haletant, électrique. Tandis que l'hymne adolescent

Heurtait ta porte, ô Louvre effaré, grandissant Gomme une tempête lyrique!

LES ENROLEMENTS YOLONTAIRES

A M. ALFRED MÉZIËRES

C'est avec qualre mois qu'on chasse l'élranger. Et ces qualre mots sont : la Pairie en danger !

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