L. LiUHBHT Pichet
Ainsi qu'un bravache bouffi Brunswick a lancé son défi Dont la Yille éternelle vibre ; Sous Tarrogant soufflet bondit Paris qui proteste et qui dit :
« Je veux et je sais rester libre ! »
Tout retard est complicité :
Sur chaque point de la cité
Qui dans l'univers semble un monde
Le grand peuple qui vient s'offrir
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Heureux pour souffrir et mourir Et vaincre, s'il se peut, abonde.
Et de tout âge et de tout rang, Faisant fraterniser leur sang Dans régalité des batailles Ces citoyens bientôt vainqueurs Ont le même amour dans leurs cœurs Et la même haine aux entrailles.
Beaux lions mangeurs de Prussiens Tous ces petits Parisiens Que le cartel met en furie, Bourgeois, faubouriens, ci-devant.
Vont aussi vite que le vent Au rendez-vous de la Patrie.
Partout le tocsin sérieux,
Ralentissant les curieux.
Presse le pas des patriotes ;
Les tambours aux sourds roulements
Scandent les fiers emportements
De nos belliqueux sans-culottes.
Aux coins des carrefours bavards, Sur les spacieux boulevards
LES 2NR0LEMENTS VOLONTAIRES. 51
Partout une table se dresse, Humble et patrioti(ïue autel Qui reçoit le gage immortel De la plus naïve tendresse,
Cependant les dignes parents Ne s'en vont pas indifférents A cette audace printanière :
Les vieux papas et les mamans Rehaussent ces enrôlements De leur toilette la plus fière.
Le père est plus beau qu'un émir!
Frac bleu, gilet de casimir, Boucles d'argent sur bas de soie, Large cravate aux plis bouffants, Tricorne aux revers triomphants.
Canne à pomme d'or qui tournoie !
La sœur met son plus frais jupon ; Une rose, hardi pompon.
Sied crânement à son oreille ; Sur son bonnet, parmi des fleurs, La cocarde aux airs querelleurs Semble une mutine merveille.
52 LES ENROLEMENTS VOLONTAIRE'.
L'amoureuse — Lise ou Toinon —
Avec son fichu de linon
Et sa robe de mousseline
Est un peu triste, mais pourtant,
Devant son amoureux partant,
Se fait brave en restant câline.
Le jeune homme, grave et charmant, S'avance martialement Sous son habit de volontaire ; Plein d'espoir il se doute un peu Que ce très modeste habit bleu Fera parler de lui sur terre.
Il se sent de tous estimé, Fêté de tous et mieux aimé Par sa mère et sa fiancée, •Et s'enivre de concourir Au sanglant labeur pour guérir Noire chère France blessée,
Tandis qu'au vieux faubourg, Danton, Droit sur une borne et du ton Qu'aimait Luther, le fougueux moine.
Avec ses yeux de bon Tilan
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Et sa voix terrible d'autan
Dit : « Filles du quartier Antoine,
Pucelles au cœur bien nourri Ne prenez pour votre mari Que le brave ayant fait sa tâche Et loin de votre cotillon, Avec le fouet et Taiguillon, Chassez, chassez, chassez le lâche ! »