‹ Poèmes de ParisChapitre 22 sur 66 · PROMENADE A VERSAILLES · texte numérisé non relu

PROMENADE A VERSAILLES

Laissons, nous souvenant des nuits sur la lagune. Dormir les pièces d'eau sans en troubler aucune ! Et ville morte pour ville morte, aimons mieux Celle où la poésie a plus chaud, où nos yeux Qu'offense et blesse ici le marbre des perruques, Suivaient d'une caresse amoureuse les nuques, Et par les cheveux blonds des femmes éblouis Ne songeaient guère au roi qui s'appela Louis.

Re verrons-nous jamais la courbe des gondoles, Les grands Christs byzantins pareils à des idoles? Rien n'est plus sérieux au monde que le beau. Trop de souffles obscurs menacent le flambeau Du rêve. Le destin, âpre comme la bise, L'éteint bien plus souvent, hélas ! qu'il ne l'attise. Souffrons qu'un souvenir léger et frais encor En tire quelquefois des étincelles d'or.

Page 1