‹ Poèmes de ParisChapitre 27 sur 66 · J4 LA CAILLE · texte numérisé non relu

J4 LA CAILLE

Dans ces cages aux barreaux blancs, Sans la toile qui clôt leur faîte, Aveugle et fou dans ses élans, L'oiseau se briserait la tête.,

Il veut sa claire liberté, Et s'épuisant à cette lutte, Il chante et jette au ciel d'été Ses trois douces notes de flûte.

A Paris, dans le bruit banal

Ce chant d'oiseau charmait mon rêve.

Au feu du soleil matinal

Je voyais le blé vert qui lève.

J'avais les pieds dans les genêts Et sur mon front l'azur superbe.

Les fleurs des prés, que je connais, S'ouvraient comme les yeux de l'herbe.

Bien mieux encor que dans les chants Du bouvreuil et de la linotte, C'était le poème des champs Évoqué par la triple note.

Je passe encor là quelquefois...

La fenêtre est toute pareille.

— Qu'est devenu l'oiseau ? Sa voix N'arrive plus à mon oreille.

LA CAILLE JÇ

La prison, ce mortel tourment, Plus ou moins vite blesse et navre.

Un matin s'est, clair et charmant, Levé sur le léger cadavre.

56 AVRIL PARISIEN

AVRIL PARISIEN

A CHARLES MOXSELET

Voici la lumière d'avril, Voici les feuilles ! que faut-il A l'âme triste pour renaître ?

Un peu d'amour, un peu d'azur, Un rayon frileux sur le mur, Un pot de fleurs à la fenêtre.

Le ciel pleure comme un enfant.

Mais le bon soleil réchauffimt, Malgré ses paupières mouillées, Sourit quand même, brille un peu, Et ces averses du ciel bleu Sont des larmes vite essuyées.

AVRIL PARISIEN J7

Bien qu'il fasse encor presque froid, Lorsque Ton sort, on a le droit De laisser la croisée ouverte.

Le ciel est clair, tiède et joyeux, Et Ton cherche partout des yeux Une voiture découverte.

Les petits arbres des trottoirs Sont tout nus encore et tout noirs, Mais d'une haleine fraîche et pure Par qui les branches fleuriront, Avril va souffler sur leur front Une poussière de verdure.

Les chapeaux des femmes ont Tair D'avoir préparé tout l'hiver Leurs légères métamorphoses.

Ils frissonnent dans les rayons, Et l'on dirait des papillons Aux ailes soveuses et roses.

A la terrasse des cafés Déjà les garçons bien coiffés, Courant devant les tables rondes En lignes sur deux ou trois rangs,

Servent les pâles mazagrans Et les bières brunes ou blondes.

AVRIL PARISIEN

Tous les dimanches, près d'ici, Vers Sèvres, vers Montmorency, Un vent de voyage nous pousse, Le vent des lumineux matins Et des déjeuners incertains Par la campagne verte et douce.

Nous nous en irons les premiers Sur les coteaux blancs de pommiers Sans penser à rien, sans rien dire, Les yeux vaguement éblouis De nos beaux horizons bleuis Qui recommencent à sourire.

LE R O s s I G N Ô L ^0

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