‹ Poèmes de ParisChapitre 39 sur 66 · ENTERREMENT PARISIEN · texte numérisé non relu

ENTERREMENT PARISIEN

Ou, tournée en musique, avec des gens en l'air, La bascule allongeant son grand orbe de fer. Comme une obsession qu'on chasse et qui persiste. Le contraste durait, parisien et triste.

Vers le bout de la fête, on dut encor passer Devant une parade en train de commencer. Les hommes étaient là, gonflant leur maillot rose ; Et les femmes, semblant penser à quelque chose, Belles d'une beauté prise je ne sais où, Ramenaient un lambeau de gaze sur leur cou. Le vieux pitre crevait dans sa peau d'écarlate ; Et tous^ lutteurs campés pour la lutte à main plate, Danseuses frissonnant dans leur jupe à paillons, Enfants heureux d'avoir ce cHnquant de haillons, Incroyables fanés, muscadins en délire. Dames du Directoire et du premier Empire Arrêtant sur leur bouche, en un commun accord, Le rire commencé, saluèrent la mort.

MONTMARTRE

MONTMARTRE

A EUGENE LETERKIER

J'ai lu dans des livres anciens, Écrits par des Parisiens, Qu'à la Saint-Pierre, chaque année, Vers Montmartre, c'était grand train, Et, dans un gai cadre forain.

Longue fête carillonnée.

Hélas ! ce vacarme n'est plus Que passé, regrets superflus, Chimère, souvenir classique ; Et voici plus de quatorze ans Que le saint, sans chômer d'encens, Chôme de danse et de musique.

Le Progrès va-t-il à rebours ?

La vieille gaîté des faubourgs Qui, ne voulant qu'un peu de place.

Avait le grand air pour levain, S'éteint chez les marchands de vin Dans un rire de populace.

MONTMARTRE

Les dimanches, on monte encor Par des ruelles de décor Jusqu'au Moulin de la Galette; Mais des jeux vagues, des tonneaux Le trapèze près des anneaux.

Où quelque gros bourgeois halette,

Des nippes jonchant les taillis, Fleurissent dans tous les pays. .

Heureusement c'est la banlieue Perchée un peu haut, d'où l'on voit S'étendre au loin, de toit en toit, La ville immense, belle et bleue.

Profond et noble à vous troubler, Ce spectacle peut consoler De la perte de la Saint-Pierre ; Et la Ville au grand bruit amer, Aussi houleuse que la mer, Remplissant toute la paupière,

Le matin, le jour ou le soir, La nuit même il fait bon s'asseoir Dans la brume couleur de perle, Ou, se plaisant à s'attarder, Aller, entendre et regarder Paris sublime qui déferle.

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