A ARMAND SILVESTRE
Fête sur terre, fête au ciel !
Les enfants sont gais : c'est Noël Avec ses petites boutiques.
Les joujoux sont à tous les prix, Et les marchands ont tous les cris Pour affrlander les pratiques.
Le temps de pendre un écriteau, De donner un coup de marteau, Et la baraque est déjà prête.
Le passant ralentit le pas, Et la jeune femme à son bras.
Regarde, sourit et s'arrête.
LES BOUTIQUES DE NOËL 87
Aux deux côtés des boulevards.
Des trompettes et des buvards, Des cuisines, des bergeiies; Des oranges de Portugal Dans des sapins, et le régal Des mille vagues sucreries ;
Des lapins battant du tambour, Et des beautés foites au tour, Dont la tête est en porcelaine ; Le plateau nain d'un thé complet, Et des caniches à soufflet Dans une broussaille de laine ;
Devises sur un mirliton, Polichinelles en carton, Chignons, œil d'émail des poupées.
Soldats de toutes les couleurs.
Et, malgré la saison, des fleurs Encore vives ou coupées.
Les petits pauvres, étonnés, Tendent le cou, lèvent le nez Vers tant de merveilles étranges, Q.ui ne sont pas faites pour eux.
Donnez-leur, pour qu'ils soient heureux, Dçs sucres d'orge et des oranges.
LES BOUTIQUES DE NOËL
Un Parisien bon à tout, Entre deux baraques, debout Montre un pantin, ou se promène Son jouet n'est jamais, commun :
Chaque année il en invente un, Et ne le vend qu'une semaine.
Cela dure huit ou dix jours,
Puis tout s'en retourne aux faubourgs.
Il gèle, ou bien il pleut à verse.
C'est égal ! flâneur et léger,
Paris a pu, sans déroger,
Faire aller le petit commerce.