‹ Poèmes de ParisChapitre 43 sur 66 · HIVER · texte numérisé non relu

HIVER

Voici venir les mois d'hiver, les tristes mois.

La cognée a troublé la fête des grands bois ;

Et hêtres, chênes forts, cimes en bas jetées,

Arrivent à la ville en longues charretées.

Bois ! honneur des coteaux, gloire de la saison,

Vous venez égayer quelque riche maison ;

Ce n'est pas l'artisan, ni l'humble et pauvre femme

Que vous réchaufferez à votre rouge flamme ;

La faiblesse et la peine ont un seul droit, souffrir,

Et c'est pour les heureux qu'on vous a fait mourir.

O joyeux nids détruits, ô chansons envolées ! Devant ces troncs gisants qui formaient des allées. Je songe à vous, grands bois, qui consolez de tout ; Aux voûtes des chemins avec le ciel au bout,

Et, remontant le cours de mes belles années,

A ces courses à deux jusqu'à la nuit menées,

A ces rires croisant le vol des papillons,

Quand le jour peint les fleurs de ?es derniers rayons

A toute la magie adorable et profonde

Des verts rameaux penchés sur une tête blonde,

A la paix taciturne, aux murmures, aux voix

Qui sortent du printemps et qui hantent les bois.

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