LA NEIGE
Il neige : les moineaux sont tristes.
Ils ont le jeûne dans la voix ; Sachant les hommes égoïstes, Ils regardent blanchir les toits.
Il neige : Paris est livide ; Il entr'ouvre des yeux dolents.
On dirait que le ciel se vide En tourbillons frêles et blancs.
ta pâle fourrure des rues A beau luire jusqu'au lointain, Des taches y sont apparues Sous les premiers pas du matin.
La neige
Bientôt la neige sera boue, Car de cette candeur aussi La ville cruelle se joue.
Les neiges vivent loin d'ici !
Sur la blancheur fragile et tendre Qui se fond en noir affligeant, Les arbres persistent à tendre Leurs purs filigranes d'argent.
i22 l'hiver AU JARDIN