‹ Poèmes de ProvenceChapitre 23 sur 103 · AVIGNON · texte numérisé non relu

AVIGNON

Le moyen âge grave et sombre vit encore Dans son enceinte ovale où se dressent des tours, Des jaquemarts debout dans le clocher sonore, Flèches, cloîtres, palais, porches aux noirs contours.

Aux faites les plus hauts et dans chaque lézarde, Des fleurs mêlent leur grâce aux reliefs du granit, Et même le figuier sauvage s'y hasarde Et dans son pied noueux l'hirondelle a son nid.

Ici, c'est le palais tortueux et sévère

Des papes qui trônaient plus puissants que les rois ;

Là, l'église des Doms, et, devant, le Calvaire

Où se dresse un grand Christ en pierre sur sa croix.

Le crucifié triste est debout à mi-côte Du Itocher, mamelon riant, de pins planté :

Une place au sommet; sur cette place haute Un Jean Althen de bronze, orgueil de la cité;

Car c'est sous cet azur de clémence, que pousse La garance, couleur de la vie et du sang....

Oh! le divin pays où la langue est si douce Sur les bords enchantés du Rhône si puissant!

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Avignon resplendit dans un passé de gloire; Pétrarque à son nom seul m'apparaît et sourit ; Et son présent est beau de garder la mémoire Du parler des anciens dont un mot m'attendrit.

félibres, salut! salut, ô Roumanille; Chanteur de la grenade entr'ouverte, Aubanel ; On sait que votre accent donne à la jeune fille, Étant fait pour l'amour, un sourire éternel.

Et toi, Mistral, au nom prédestiné; félibres, Vos voix ont dominé, si douces cependant, Le Rhône et son mistral qui, sauvages et libres, Sur les ponts d'Avignon se brisent en grondant!..

Coteaux du Languedoc, Alpines, monts et chênes, Qu'écoutez-vous, penchés en cercle à l'horizon? Les monts et les forêts écoutent dans les plaines, Près du Rhône qui luit, la chanteuse Avignon,

LE MISTEAL

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