JOURNÉE DH1VEII
Il a plu cette nuit et l'on respire à l'aise. Je marche sur le bord de la haute l'alaise D'où je vois à mes pieds, sur ses flancs inclinés, Le pin dont l'àme vibre en frissons alternés, Le chêne et l'arbousier que balance la brise Et très bleue, écumeuse, en bas, la mer qui brise Avec un bruit joyeux de cailloux crépitants.
Sous le ciel radieux les flots sont éclatants Et irais, car un vent souffle et leur fraîcheur sereine Se dégage et me vient dans cette douce haleine. Le cri des moineaux francs sonne clair dans l'air pur; On ne voit plus flotter, éparse sous l'azur, Pesante à respirer dans la chaude lumière, La poussière des rocs et des [leurs, la poussière Que tous les grands chemins livrent aux vents errants, Et qui pâlit le vert de nos pins odorants.
L'air est plus bleu, lavé par une nuit d'averse;
Un nuage en flocons blanchissants se disperse.
A l'horizon, penchés, passent de grands vaisseaux,
Et l'on peut voir longtemps derrière eux sur les eaux,
Déroulée en ruban, la trace du sillage.
Les marins sur le pont regardent le rivage
Où tout est souriant et calme, où tout est vert.,
Seuls, les ceps effeuillés m'ont rappelé l'hiver.
r.A NOEI,