SAULES ET POMMIERS
Il no faudrait pas croire au moins que nos rivages So.ent partout sans fraîcheur, torrides et sauvai Nous avons, même en août, des coins mystérieux Où quelque source met un bleu reflet des deux, Où le peuplier droit monte, où verdit le saule, ' OÙ frémit le roseau que l'hirondelle frôle, Où l'herbe est verte, drue, humide; où nés des eaux Mille .nsectes bruyants sont chassés des oiseaux. Là, tandis qu'à cent pas, en écartant les branches, Tu vois un grand chemin, poussière et pierres blanches Où quelque charretier s'endort sur le brancard, Tu peux errer tout seul et rêver à l'écart; Là, parfois, dans les prés où courent les rigoles, Marche, échangeant l'amour et les douces paroles, Un beau couple d'enfants se tenant par la main ; ' Là, dans l'herbe où nul pas n'a tracé de chemin.