‹ Poèmes de ProvenceChapitre 88 sur 103 · L'IMMORTELLE · texte numérisé non relu

L'IMMORTELLE

Pour que, cueillie un jour, tu dures longuement; Us ignorent d'où vient l'or vif de ta corolle, Et nul d'entre eux ne sait. Immortelle, ô symbole. Quel dur soleil n fait ton doux rayonnement.

Il faut que, dépassant de haut les feuilles grises, Tes tiges, tous les ans, par les étés sans hrises. Se dressent vers l'azur où le soleil se fond; Il faut qu'autour de toi l'ombre soit inconnue, El que, seule, au liane sec de la colline nue, Tu boives tout le feu d'un sol roux el profond,

Le soleil redouté fait ta gloire et la joie :

Ta tige, qui durcit, se rompt quand on la ploie,

Car en place de sève y court un feu subtil;

Les Heurs qui meurent vite ont besoin d'une eau fraîche :

Toi, tu ris au soleil de juin qui les dessèche,

Tu vis de ce qui fait mourir les fleurs d'avril.

Pourquoi? comment? — voilà le rêve et le mystère.

D'autres fleurs, comme toi, dans l'air et dans la terre

Aspirent le soleil et l'ardeur de l'été;

Mais nul autre ne fait ce travail dans sa trame,

Et n'a ce don sublime, envié de mon âme,

De faire d'un rayon son immortalité.

Fleur divine, la pluie ou l'ombre t'est fatale ; ,

Il te faut un pays qui plaise à la cigale,

Et de tièdes recoins fermés aux vents dû Nord ;

Car l'immortalité te vient de la lumière

Qui se conserve en toi dans sa vertu première :

C'est le soleil en toi qui fait mentir la mort.

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