‹ Poèmes de ProvenceChapitre 87 sur 103 · L'IMMORTELLE · texte numérisé non relu

L'IMMORTELLE

Tu croîs dans ma Provence, ô divine Immortelle ! L'hiver, sur les coteaux que le flot bleu dentelle, On abrite tes plants comme on cache un trésor ; Tes tiges en avril jaillissent de la toull'e, Et quand les blés sont mûrs, aux mois où l'on étouffe, Ta plante grise érige en bouquets tes fleurs' d'or.

Tous les abandonnés, fils, maîtresses ou mères, Vont, croyant au retour des bonheurs éphémères, Dédier tes bouquets à de chers endormis ; On te connaît au loin, mais tressée en couronne, Non pas quand notre été de ses feux t'environne, Ou qu'au soupir des nuits de printemps tu frémis.

C'est pourquoi nul ne sait ce qui te donne une âme, Ni combien notre ciel t'a versé de sa flamme,

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