‹ Poèmes de ProvenceChapitre 99 sur 103 · LA CAGE A CIGALES · texte numérisé non relu

LA CAGE A CIGALES

Laissant autour de lui ruisseler la lumière,

Assis, les pieds pendants, sur une haute pierre,

L'enfant préoccupé travaille, et, par moment,

Regardant son labeur, rit de contentement.

Son vieux feutre est troué, tant qua travers se joue

Le soleil, miroitant en frissons sur sa joue.

Tordu, superbe et noir, un chêne-liège est là.

Tantôt, dans son écorce arrachée, il tailla

Deux planchettes qu'ensuite et d'espace en espace

Il perce aux quatre bords d'un rang de trous où passe,

Sous ses doigts, en bâtons menus, le fenouil vert.

Les cigales, non loin, donnent leur gai concert.

La résine des pins ardents, sueur ambrée,

Pleure le long des troncs où, chanteuse dorée,

LES CIGALES

La cigale redit la lumière et l'amour.

Lui, tremble impatient, car toutes tour à tour

Se répondant, il croit qu'elles raillent peut-être

La prison où bientôt il rêve de les mettre;

Il se hâte en songeant au plaisir de monter

Sur leur branche et plus tard, pour les faire chanter,

A travers les barreaux aux distances égales

De toucher d'un fétu le ventre des cigales.

Page 1