LA CAGE A CIGALES
Laissant autour de lui ruisseler la lumière,
Assis, les pieds pendants, sur une haute pierre,
L'enfant préoccupé travaille, et, par moment,
Regardant son labeur, rit de contentement.
Son vieux feutre est troué, tant qua travers se joue
Le soleil, miroitant en frissons sur sa joue.
Tordu, superbe et noir, un chêne-liège est là.
Tantôt, dans son écorce arrachée, il tailla
Deux planchettes qu'ensuite et d'espace en espace
Il perce aux quatre bords d'un rang de trous où passe,
Sous ses doigts, en bâtons menus, le fenouil vert.
Les cigales, non loin, donnent leur gai concert.
La résine des pins ardents, sueur ambrée,
Pleure le long des troncs où, chanteuse dorée,
LES CIGALES
La cigale redit la lumière et l'amour.
Lui, tremble impatient, car toutes tour à tour
Se répondant, il croit qu'elles raillent peut-être
La prison où bientôt il rêve de les mettre;
Il se hâte en songeant au plaisir de monter
Sur leur branche et plus tard, pour les faire chanter,
A travers les barreaux aux distances égales
De toucher d'un fétu le ventre des cigales.