‹ Poèmes décadents, 1883-1895Chapitre 18 sur 32 · LION LAS · texte numérisé non relu

LION LAS

Un jour, Il contempla l'Apollon Sauroctone. La veille on eût pu voir sa masculinité Dans le sein inatronal, bien qu'il fût dégoûté De l'atone bonheur par sa vigueur atone

Rencontré désormais au jeu de sa lionne. Et le beau dieu de marbre, avec sa nudité Vaguement sexuée et la fluidité De ses lignes, en lui depuis vit et ravonne.

86 Lion Las

Ephèbes adornés des siècles révolus, Bréhaigne extase des amours qui ne sont plus, Sous le commandement du pâle dieu chrétien,

Aux faibles de ce temps que flammes délétères, A liez- vous dévoiler à ce fort vos mystères ? — 0 Socrate, Platon ! 0 Néron, Hadrien !

Page 1