EAU-FORTE
A Séverine.
Nu dans le clair obscur d'une mansarde nue, La tète surplombante et jaune de hâleurs, Un torse humain s'affaisse. A travers les pâleurs De la peau faiblement l'ossature remue.
Auprès du matelas gris, indistinct, qui mue
Et saigne des varechs — solidaires douleurs
Des choses ! — ses haillons humides, tout en pleurs,
Se tordent, miasmant l'air d'une vapeur ténue.
92 Eau-forte
Sourdement ses boyaux geignent d'être raclés Par la faim ; et, tandis qu'il meurt, des affolés Par l'orgie en chansons exultent, dans la rue :
Sarcasme impitoyable! En ses traits dévastés Vient grimacer alors la révolte qui rue Les rages du Besoin sur les Sociétés.