FUSAIN
A J-F. Raffaëlli.
Las de s'acheminer aux dénûments complets, Aplatis sous le faix d'atroces somnolences, D'ici, de là, sur le bitume aux verts reflets,
Par tas ils stagnent noirs, sinistrant les silences Gras et nitides de leurs râles catharreux. L'ombre sur ces comas épand ses pestilences.
La pluie et l'ouragan et la rafale entre eux
Devisent d'adhérer leurs vastes ironies
Au malheur sans déclin de tous ces malheureux
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Qui, le jour, traîneront leurs lentes agonies Parmi la boue inexorable, sous la faim Où se crispe le poing d'angoisses infinies.
C'est la nuit dans la nuit après la nuit, sans fin. Car ténébreux leur fut midi, ce clair mystère Pour l'opulent repu que drape un tissu fin.
Au hanap de leurs deuils, sans que se désaltère
Le guignon, ils ont bu le cordial des espoirs,
Mais non sans de sourds toasts au crime réfractaire.
Or, voilà que l'orgueil en proie aux laminoirs
S'indique des réveils d'énergie oubliée.
Des feux de baine ont éclairé les faubourgs noirs.
Aux armes ! La détresse, une, multipliée, Compacte, va marcher aux revanches par bonds, Dans un crépitement de banque incendiée
Allumant le courage enfin des Vagabonds.