VOEU D'ENFER
Si pauvre, ah ! puisqu'il faut que le poète perde Dans l'honneur tout espoir de nimbe sérieux, J'irai, rimeur sinistre et traître envers les cieux, Tordre mon chant où rit la honte dans la merde.
Lyre, ma lyre, tu seras ma tirelire ;
Et ne flanches à mendier thune ou louis,
Je te pendrais au cou du crime pour que l'ire
De tes cordes bandée explose : Je jouis !
114 Vœu d'Enfer
Assez, non, vrai, d'absinthe et trop de ces bibines Dont s'illunait la nuit bête de nos débines ! Veuillons, souple et fourré, serpent et léopard,
Aller du sang d'un luxe enfin sous la batiste
Boire terriblement notre conquise part.
Mes doigts preneurs déjà s'éclairent d'améthyste.