HYMNE ANTIQUE
Hominum Divûmqae voluptas^ Aima Venus (
Aphrodite, Déesse immoriellei aux beaux rires» Qui te plais aux chansons lugubres des ramiers, Les cœurs mortels par toi vibrent comme des lyrea» Et le Printemps gonfle de sève les pommiers*
Salut, Génératrice auguste de la vie, Qui courbes à ton joug les monstres furieux^ Qui fais voler la lèvre k la lèvre ravie, Cypris I ô volupté des hommes et des dieux l
C'est par toi que, le soir, à l'ombre des allées. Imbus d'ivresse et de langueur appesantis, Les éphèbes, sous les ramui'es emperlées. Chantent l'hymne vermeil de leurs oarystis :
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C'est pour toi qa'efFeuillant la pourpre renaissante, La rose dit au vent son désir embaumé Et que la vierge apporte, heureuse et rougissante, Sa couronne et son cœur aux bras du bien«aimé.
Et c'est toi qui, rhjthmant les divines étoiles, Fais tressaillir d'amour le cœur de l'Univers, Afin que l'harmonie en qui tu te dévoiles Apprenne aux hommes purs à composer des vers.
Je t'implore, Déesse immense et vénérable, Soit que, glorifiant les soleils rajeunis. Sous les myrthes en fleurs et les bosquets d'érable Tu couvres de baisers les songes d'Adonis ;
Soit que le dur Ares t'enchaîne à sa victoire, Ou que, domptant les floti?, ô Mère des Amours, La très-sainte Lesbos murmure ton histoire : Mon encens à tes pieds s'exhalera toujours.
Garde-moi de l'ennui j de la vieillesse immonde Et, poète vêtu d'orgueilleuse splendeur, O Reine qui formas et gouvernes le Monde, Avant tout, garde- moi de l'infâme laideur I
IIO POÈMES ÉLÉOIAQUES
Faîs que je tombe dans ma force et ma jeunesse, Que mon dernier soupii" ait un puissant écho, Et, pour qu'un jour mon âme en plein soleil renaisse, Que je meure d'amour comjne Ovide ou Sappho.
RÊVB ANTIQUl