HYMNE
Toi le plus beau des Dieux et le seul pitoyable, Toi seul qui rajeunis Thomme déshérité.
Et laves de tes mains l'horreur inexpiable Du travail dégpradant et de la pauvreté ;
Jeunehommeauxyeux pensifs, qui, sur ton char nocturne , Peux marcher comme Evan traîné par des lions, Tes lourds baisers, pareils au Léthé taciturne. Sont experts à calmer toutes rébellions.
Ton pied n'a pas chaussé la knémide sonore, Le Parnès n'a pas vu voler tes flèches d'or, Mais, dans Tombre où le rêve immense peut éclore, Le Monde douloureux entre tes bras s'endort.
RÊVE ANTIQUE IO7
Car rUnivers flétri par la haine et les fièvres Et qui soufiFre, oublieux de l'Olympe vermeil, Depuis dix-huit cents ans, vers toi seul tend ses lèvres, Comme vers un ruisseau consolant, ô Sommeil I
Pour moi, chanteur épris des extases sans trêve, Qui m'enivre des bois, du grand ciel et des eaux, Fais fleurir sur mon front Tirréprochable rêve, Fais chanter en mon cœur d'invisibles oiseaux.
Effeuille autour de moi les plantes funéraires Aux jardins de la Nuit éclose sous tes pas, Les pavots endormeurs, les noires cinéraires. D'où tombe comme un vin la douceur du trépas.
Afin que, dans Tazur où les heures d'ébène Des astres fug^itifs rallument le flambeau. Mon âme, dépouillant toute douleur humaine, Monte se rajeunir aux sources du vrai Beau.
Et je t'adorerai suivant le rit antique. Jusqu'à l'heure indécise où, du ciel emperlé. L'alouette dira son matinal cantique Au soleil radieux du jour renouvelé.
loS POilIBS ÉLiGUQUE*