HORTUS CONCLUSUS
Qaia obsequentes ofFeruat Ligustra et albii lilia.
Caador sed horum yincitur Gaodore casti pectoris.
Hymnus in f es t. Parilatis,
Vierge, vous rayonnez comme une aube irrorée. Sous la molle clarté des lampes de vermeil, Et, vous enveloppant de leur onde dorée, Vos longs cheveux vous font un manteau de soleil.
Tel qu'un parfum de myrrhe autour d'un sanctuaire, De vos blanches beautés jaillit un charme amer Et sur les coeurs meurtris, comme un électuaire. Vous posez la douceur de vos yeux d'outremer.
De Toliban gardé pour les Noces mystiques. Du cinname épandu sur d'ineffables lits, Du nard dont s'enivrait l'Épouse des Cantiques^ Flottent sur votre front les baumes affaiblis.
Aux divines amours votre âme réservée Des terrestres baisers ignore la douceur. Dans les sources du Ciel votre chair s'est lavée Et les lis radieux vous proclament leur sœur.
Loin des transports menteurs dontTivresse nous fraude. Vous surgissez au fond des cieux resplendissants, Parmi les ostensoirs incrustés d'émeraude £t les cierges pascals tachés de grains d'encens.
Sous le brocart rigide et lourd de pierreries, Vos bras pour la prière entr'ouverts lentement. Dans le cadre léger des ogives fleuries, Se tendent en un geste indécis et charmant.
Et, calme, en attendant le dieu promis, sans trêve,
Morte pour le désir avant d'avoir aimé,
Sur les vitraux dorés vous lisez votre rêve
Et votre cœur s'endort comme un jardin fermé.
POÈMES ÂLéaiAQUES