LE BLASON DE FLORE
To Mary in heaven.
Die quibus ia terris inscripti nomina re^m Nascantur flores.
C'est un jardia graé pour les roétamorphos^os Où Benserade apprend ses rondeaux aux Follet», Où Puck avec Trilby, près des lacs violets, Débitent des fadeurs, en d'adorables poses.
La lune qui descend le long dei promenoirs Sur les blancs escalier» tratae «ôi mule» blanehen Et ses rayons légers palpitent dans le» branehe» Comme des sequins d or parmi des cheveux noirs.
Les Nymphe» de Segrais aux Elfes de Shakspeare Chantent des madrigaux scandés par les hautbois ! Ariel y poursuit Rosine, à travers bois, Et pour le beau Damîs Titania soupire.
194 POÈMES éf.éGIAQUES
C'est uae nuit d*été faite d'enchantements, Dans un jardin très calme et peuplé de fontaines Qu'emplissent de lueurs folâtres et hautaines Les feux des jeux unis aux feux des diamants.
Parc de Watteau. — Les fastueuses plates-bandes, Autour des boulingprins, s'enlacent, décrivant L'horizon à souhaits d'un parterre savant Qu'ont les Fleurs égayé d'illustres sarabandes.
Ce sont les nobles Fleurs d'un Versailles fleuri. Toutes sauraient prouver des quartiers de duchesse. Et, pour l'éclat du rang comme pour la richesse, D'Hozier à leurs blasons pourrait donner abri.
Or, l'esprit délecté de ce rêve héraldique Retrouve dans leur port, calices et parfums, Le simulacre vu des Olympes défunts Et la grandesse unie au charme fatidique.
Des champs d'azur le Lis très-chrétien émergeant Est un preux chevalier vêtu de courtoisie ; La Princesse d'amour que ses vœux ont choisie Porte un manteau d'hermine aux agrafes d'argent.
Dans sa robe de cour aux teintes précieuses, Comme aux jours de Foutante et de la Maintenons La Tulipe ducale emplit de son renom Les pourpris qu'attrista le deuil des Scabieuses.
Les Roses, sous la pourpre auguste, dans les nuits, Ont Tamer nonchaloir des reines trop aimées, Et la lune qui boit leurs larmes embaumées D'un baiser de blancheur caresse leurs ennuis.
Gloire du souvenir extatique. Pensées Funéraires, le deuil trône dans vos plis lourds Et dans l'emphase épiscopale des velours Que blasonne l'émail de vos croix florencées!
Quintefeuille ! mystique emblème voulu par Les trouvères aux cantilènes suppliantes, Votre candeur a fait pâlir ces Hélianthes Que dore un Astre-Roi « nec plaribus impur » .
Puis, d'autres floraisons qu'Amour seul fit éclore Et dont les yeux charnels ignorent la beauté S'ouvrent au paradis merveilleux qu'ont chanté Le divin Sannazar et Joachim de Flore.
IqG poèmes iLSGIAQUES
Leur hampe svelle grimpe aux marges des vitraux,. Près des bons Empereurs gemmés de pierreries, Des Saints agenouillés dans l'herbe des prairiesi Des Séraphins cambrant leurs torses de héros.
Celles-là «-* cbastemeat rigides -— sont pareilles Aux Saintes dont le cloître a ravi la splendeur : Et Tencens maladif leur prêta son odeur, Loin du jaune soleil qui danse sur les treilles.
Pour soutenir le heaume et porter les émaux, Rampent en légion les Herbes monstrueuses, Suscitant^ à Tenvi des formes tortueuses. Une âpre vision de sombres animaux.
Verdâtres, de poisons mystérieux ridées, Avec l'enroulement des Dragons noirs et bleus, Ongles d'or, lampassés de gueules, fabuleux, S'épanouissent les farouches Orchidées.
Ainsi, divinisant la forme et les couleurs
Et revêlant d'orgueil les tiges parfumées,
Se déroule, au milieu d'ondoyantes fumées.
Dans un parc de Watteau, le Walpurgis des Fleurs,
Elles passent, jetant des senteurs musicales,
Des effluves charmeurs qu'on prendrait pour des sons
Et mariant, parmi Tam pleur des écussons,
A Tazur des Bleuets Tor des Hémérocalles.
Et toutes, au milieu de leur faste exalté, Buvant l'amour éclos au temps du Primevère, Gomme un cortèg^e autour d*un Prince qu'on révère Mènent pompeusement les fêtes de TÉté.