AQUARELLE JAPONAISE
A Léopold de Panai.
Ses yeux d'agate et d*or avec paresse glissent Gomme la lune courbe au front des saules gris. Sa peau que la verveine et le musc assouplissent Passe en fraîcheur les frais pétales des iris.
Dans ses cheveux où tremble un papillon de laque La Nuit a mis son charme et son obscurité ; Le kaolin auprès de ses doigts est opaque Et son souffle est plus doux que la vapeur du thé.
Les pivoines en fleurs, les lis nues d'aurore Brillent d'un ton moins vif que ses ongles polis. Sa simarre de soie a des frissons sonores Et le vent amoureux s'embaume dans ses plis.
Vitraux 2o3
Parfois, lasse et fuyant les nattes endormeuses, Sous les pêchers d'avril elle s'assied, pour voir A rhorizon baigné de visions brumeuses, Un flamant s'envoler, rose avec le bec noir.
Ou bien elle se mêle aux blanches passagères Qui, lorsqtie le couchant dore le ciel blafard. S'en vont allègrement, dans les barques légères, Sur les bords du Jo-Yeh, cueillir le nénufar.
904 POÈMES Él^ÉGIAQUES