ÉPITRE DES HOMMES OBSCURS DE ULRICH VON HUTTEN (A
Fayard, 1907).
Pour paraître prochainement :
l'archiprêtre de hita (Juan-Ruiz, i33o-i38o). LA CORNE ET l'épée (A. Messcin) .
Sur un mouvement dç valse dolente^
Le chœur des regrets Chante en faux-bourdon une phrase lente ^ Pleine de soupirs et d* aveux discrets^
Les bassons avec les violoncelles Pleurent, pleurent tous Et disent les noms adorés de celles Dont les yeux denjants jadis m'étaient doux.
Aux accents connus défile sans trêve,
A pas assourdis, Avec la splendeur exacte du rêve, La vision des lointains paradis.
8 POè.%fES ÉLÉGIAQUES
Cheveux roux frôlant les épaules blanches,
Parmi les lilas, Les filles d'amour écartent les branches Et le clair soleil dore leurs beaux bras.
Voici les bosquets d'où La Sérénade
De Schubert s'enfuit, Pareille à la voix d'un ange malade^ Qu'emporte à regret l'aile de la Nuit.
Puis l'ombre survient et l'Automne enrhume
Le cuivre des cors.
Et la valse lente épand dans la brume, Langoureusement, ses derniers accords.
L'orchestré se tait et la lune ronde,
Ce lis sans parfums.
Surgit. Les Follets, enchaînant leur ronde^ Mènent le convoi des Amours défunts.
SONNET
Bien que je sois brisé comme sont les frég'ates Qu'emporte TOcéan sur les récifs houleux, J'ai gardé le trésor de mes beaux rêves bleus En des cofFrels ornés de perles et d'ag^ates.
Je remonte parfois le fleuve nébuleux De Tenfance, bordé de flores délicates, Et je revois passer les robes écarlatcs Des Anges disparus dans les ciels fabuleux*
10 POËMES ÉLÉGIAQUBS
Les jardins sont remplis de valseuses pâmées, Les roses dans le vin se meurent, parfumées, Les baisers ont une aile et passent en riant :
A travers les bosquets montent des sons de lyre, Tandis que sur la fête éprise de délire L'étoile Poésie éclot à Torient.
Lfi JARDIN DES KÉVËS t f
SONNET
Mes désirs vont vers toi comme des tourterelles, Vers toi pleine de grâce et pleine de bonté, Et s'accoitent parmi les fleurs surnaturelles Ecloses au jardin vermeil de ta beauté.
Mais, ravivant Thorreur des anciennes querelles, Des souvenirs amers, comme un chœur irrité, Pleurent dans le roucoulement des tourterelles^ Et s'éveillent au fond de ma sérénité.
12 POEMES SLEGIÂQUES
Déjà sur mes cheveux les neig'es automnales Ont posé la pâleur des suprêmes adieux ; Les ang'es ont rouvert leurs ailes sidérales.
Laisse- moi m'enivrer de baisers radieux
Et, longuement bercé par tes mains virginales,
Oublier les soleils endormis dans mes yeux.
LE JARDIN DES RÊVES l3