PER SPECULA
Maîtresse, la blancheur des cygnes te décore :
Mais un fervent soleil a rougi tes cheveux,
Et, dans leurs anneaux lourds baisant tes bras nerveux,
Des rayons d'or fondu semblent frémir encore.
J'ai versé devant toi le doux vin des aveux ; Artiste énamouré du songe près d'éclore, J'élève à ta beauté, dans un rythme sonore, Des temples d'où vers toi s'exhaleront nos vœux.
l4 POéuES ÉLÉGIAQUES
Afin que, retrouvant les mètres impassibles,
Ceux qui naîtront de nous, au fond des va^es bibles.
Sentent Todeur frémir encor de nos baisers.
Et que ton nom se mêle au nom de ces amantes Qui, parmi les ^and lis et les roses clémentes, Dorment sous un linceul d'amours éternisés.
LE JARDIN DES RÊVES l5
SONNET
Sois bénie et qu'un jour les Angles de lumière Célèbrent ton doux nom dans leurs concerts pieux, Toi par qui^ recouvrant sa pureté première, Mon cœur refleurira comme un jardin joyeux I
Sois bénie, ô ma sœur bien-aimée ! et sois fière Pour avoir deviné, dans mon cœur soucieux, Tout ce que je gardais de force printanière £t d'aspirations vers de plus chastes cieux.
l6 POÈMES ÉLéoIAQUES
Tu m'as tendu la main sur cette route amère Où, voyageur lassé de monter la Chimère, Triste^ je sommeillais en attendant le jour.
Tu m'as versé le vin joyeux de ton sourire Et rendu dans leur joie entière et leur délire Les caresses en fleur de mon premier amour.
SONNET
Pour imraortellement fixer l'enchanteresse Indolence, le charme obscur à définir Et dans des vers mystérieux, avec adresse, De votre cher profil noter le souvenir ,
Il nous faudrait, en châtelaine, en dog*aresse. Parmi des fleurs du Ciel, vous peindre et rajeunir Les tons extasiés dont Jean Mem linge caresse Notre-Dame, sur un champ d'or et de saphyr.
l8 POÈMES ÉLÉGIAQUES
Emaux d'azur ! vélins gaufrés d'enluminures Blondes où, dans leur cotte aux roides entournures, Les belles d'autrefois passent, tenant un lis !
Et gloire à votre nom par delà les étoiles,
Vous qui gardez, éclos sous l'argent fin des voiles,
Un sourire oublié de Ginèvre ou d* AUys !