‹ Poèmes élégiaquesChapitre 26 sur 48 · LE CHANT DE GLAUCOS · texte numérisé non relu

LE CHANT DE GLAUCOS

A Casimir Di

La Mer \ comme elle est bleue, au loin, la me La plaine harmonieuse et que ne déshonore Jamais le pied tremblant des hommes au cœui La Mer qui, dans le calme ou dans les durs co De la tempête, g'arde une âme inspiratrice, La Mer Impétueuse et douce est la nourrice Des Dieux.

La Mer, avec ses écumes, ses cri Ses hurlements, ses épouvantes, ses débris, Est l'auguste mamelle où vient boire le Mond< Plus que les champs couverts de blés, elle ei Et ses {gouffres, au sol de nacre et de coraux, Ses lames où le vent creuse des soupiraux Gardent, comme une fleur à tous les jeux rav La fermentation énorme de la vie.

La Mer est belle et semble, au bord du ciel changeant, " ' lODslrueuE aux écailles d'arg'ent.

;lle.

Avec amour, le ciel la baise

Te ou reluisante ainsi qu'une Fournaise,

Soleil l'abtme de ses flots.

' les plongeurs et pour les matelots, is clairs et des baisers sans nombre.

Cet amour est éclos avec l'ombre, \ a grandi silencieusement, ibère encore et, près des flots dormant, mon front, de ses glauques vallées, lissammeat des haleines salées.

Thétys ! Calme divinité ans la paix et dans l'immensité, ! si j'ai rêvé ce chaste rêve Tcn un dieu des eaux, sur la grève, leur, paissais, jadis, au pied des monts, i troupeaux nourris de goCmons, 'unir à toi, Déesse I Bienheureuse I es et fuis, quand la vag'ue se creuse, s de perle et tes squnmmes d'or vert, m'élancer dans le gouffre entr'ouvert, oSlands et comme les poètes.

mlcrla plainte des mouettes

HÉyE ANTIQUE I29

Qui se bercent, au loin, blanches sur les flots bleus, Mon cœur est plein de fièvre et de désirs houleux. Tel un ormeau que la tempête déracine, Je penche vers le glauque azur qui me fascine. Mes jours vers Thalassa courent comme un torrent.

Ce soir, je descendrai sur la grève, implorant, A rheure d'or où Séléné touche les cimes, Votre clémence, Déités des purs abîmes.

Là, dépouillant les jours et les espoirs déçus, Lentement, j*ôterai ma robe de byssus; Le souffle de Thétys gonflera mes narines Et je m'endormirai sous les algues marines.

Toi qui, vers ton déclin, marches, éclaboussant L'azur de clairs métaux couleur d'ambre et de sang. Maître du jour et de la flamme expiatoire.

Titan dont les Saisons affirment la victoire, Juvénile dompteur qui te plais aux travaux Glorieux de tes blancs et féroces chevaux, Hy périon I Soleil I Archer 1 Roi des espaces ! Je te salue encore, avant que tu t'efl^aces Et que la molle Nyx ombre le ciel vermeil :

Je ne te verrai pas, demain I Salut, Soleil I A présent, reçois-moi dans tes ondes tentantes. Déesse au péplos bleu I

Les tiges palpitantes Des blêmes tamaris déclinent vers les bords.

poÈuBS èlAoiaques

i vers toi l'âme des ccfaots morts r de ton étreinte insidieuse.

Pourtant, sous le frêne et l'yeuse, lux bras purs, belles comme tes eaux, leurs chœurs à l'orabre des roseaux ;

oir garde eucor mes génisses sauvages, plaine, loin de tes mornes rivages, . discret, de pampres embaumé, briter mes jours, sûr d'être aimé, tranquille où, sous les vignes blondes, ir essaims, les abeilles fécondes, , ce soir, en m'apprétant ses bras, ingtemps si je ne reviens pas.

SIX BAILADES ELEC

BALLADE SUR LA LC DU MOIS D'AOt

Cettuj matin, casqué de feu verr Et secouant sa chevelure blonde Au ciel d'azur triomphe le Solei Archer béni qui perce et qui féc< Le jeune dieu vainqueur de l'Or Épanouit les lis au pur contour, Les dahlias fauves, couleur du j Avec la rose amÈne d'Aphrodite Or, pour mieux faire au Soleil o Fleurissons-nous d'un brin de cl

Dame très pure en benott appan Près du Lion étincelant qui groi Sous un chapeau de nacre et do L'unique Étoile où notre espoir Penche vers nous sa beauté sans

l3j PoillIES ÉLÉCIAQUE9

PsalléiioDs, sambuques et tambour !

Un Ange blanc, radieux troubadour, Aux quatre vents de l'aurore accrédite La Maison d'or et l'ébumale Tour.

Fleurissons-nous d'un brin de clématite!

Sur le g:alet qu'empourpre son orteil, Vénus jaillit de la houle profonde.

Les cygnes blancs amoureux du sommeil Et les chevaux tempétueux de fonde Suivent le Reiue adorable du monde.

Cherchons au loin une caverne pour Briser ses lacs, et que gémisse autour Un pleur tombant de chaque stalactite :

Voici la Mer plus vaste que l'Amour !

Fleurissons-nous d'un brin de clématite I

Princesse, honneur aimé de ce séjour, Guidant, hélas ! vous fêter à mon tour, Je fis ces vers (l'audace n'est petite !).

A vous liesse et bonheurs sans retour :

Fleuri ssong-nous d'un brin de clématite!

SIX B1LI.\D£S iL^GIÀQUI

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