‹ Poèmes élégiaquesChapitre 8 sur 48 · LUNDI DE PAQUES · texte numérisé non relu

LUNDI DE PAQUES

Avril. Comme un amas de dentelles voilant

A demi la candeur d'une poitrine vierge,

Sur le jeune soleil s'étend un duvet blanc.

Le jour pâle est plus doux qu'une lueur -de cierge.

Les coteaux embrumés effacent mollement, Dans l'azur alangui, leurs cimes violettes.

C'est de la terre au ciel un long enchantement : Les pêchers ont ouvert leurs roses cassolettes.

Et, joyeux, emplissant de rires les chemins, Par les bois que rougit le sang vermeil des aulnes, Le soir, de beaux enfants emportent dans leurs mains Des maissons de lilas et de narcisses jaunes.

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Dans l'azur soleooel fleuri de lauriers-roaes Le soleil triomphacit darde ses flèches d'or Et voici que la Terre en souriant s'endcH*!, Heureuse sous l'ardent baiser des flamines roses.

Car, dans ses flancs bàlés par les feux du midi, Où l'âpre canicule en Ûots ardents ruisselle, Bouillonne avec transport la vie universelle, Comme un lait chaleureux par l'amour attiédL

ce ciel, brillaot comme les forges, beau flanc d'où tombent les épis, nous bénir, les g^ermes assoupis lans les blés, les seigles et les orges.

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Ainsi rêve la Terre éprise de douleur, Que déchirent du soc les morsures égales, Au temps où le frisson des stridentes cigales Exhale dans le bleu l'hymne de la chaleur.

POËUES ÉLidlAQUIS

Dans la neig^ et la pourpre où les soleils pâlis VieaneDl boire ea mourant ta senteur g^énéreuse, Amaryllis I ô lis, superbe entre les lis, Une douleur profonde et royale se creuse.

Déjà les soirs plus brefs de fraîcheur sont emplis Et, le long des jardins peuplés de tubéreuses, une veuve sous sa robe aux larges plis, nne jette au vent sa plainte douloureuse.

LS JARDIN DES RâVKS Sq

Voici la Mort qui frappe aux portes de TEté I Et ton parfum, dans la nuit mauvaise emporté, Baigne de sa langueur les couchants pathétiques.

Hélas ! je t'ai cueillie, 6 fleur du désespoir, Et, triste comme toi, sentant venir le soir, J'exhale avec orgueil mes suprêmes cantiques.

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A l'Innommée, à la Furtive, à l'Inconnue Que mon désir appelle et n'évoquera pas, A l'Ange secouant des roses sous ses pas, A l'Idole que voile une impalpable nue !

: sa gorge ait vâtu la lourdeur des lampas que sous le ciel d'or flambe sa grâce nue, lelaine surprise au fond de l'avenue, ate pour la prière entr'ouvrant ses beaux bras ;

LE JARDIN DK8 ftÊVES i^l

Qu'elle soit Ophélie, Hélène ou Béatrice, Le DémoQ protecteur, la Muse inspiratrice, Ou r Amante de pierre aux flancs invulnérés ;

J'oflFre comme un bouquet déjà flétri ces rimes vaines : Tels, les Athéniens apportaient des verveines A l'autel bUnc et pur des cultes ignorés.

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