VERS L'ENFANCE
Les passions d'éveil et de savoir»* — Vidées.
Alors, viens voir ton bel ange gardien, le lien, Qui lentement s'assied sur tes tombeaux d'idées.
Il te parle, très doucement, de l'autrefois; Ecoute : et les saluts, jadis, à l'oratoire, Et les Noël et les Pâques et puis les Croix Et les âmes des tiens qui sont en purgatoire.
Ecoute : et les premiers alléluias chantés, Et, le samedi soir, les bonnes litanies, Et les psaumes, de nef en nef, répercutés Et lents, au pas égaux de leurs monotonies.
Ecoute : et les processions — et puis encor Les ex>votos en Mai dressés sur des estrades. Et la Vierge Marie, avec son Jésus d'or. Et les enfants de chœur qui sont des camarades.
Ecoute : et du petit village il s'en souvient Ton cœur; écoute : et puis, accueille en confiance, A cette heure d'ennui, ton bon ange gardien. Le tien> qui te rhabillera dé ton enfance.
Hélas î doux, tranquille et clair, il ne ferait Qu'un bruit, sur mon cerveau, de blanches étincelles. Que mou absui^ité bougonneuse viendrait Lui déchirer les yeux et lui casser les ailes.
LES DiCBACIXS 9$
CONSEIL ABSUIKDE
Autant qpe dm» naJade H T«al^ ais-tn ^goAtt Qvubd t«» être plo^rùt sovs les fièxTes bnndks, Quaiid ta latchais Torviétui des maladies. Le coiqpalile eoasnl de rinvtiiité?
£t do«x soleil q«i baise un cell êlrînt d'aiTeagle? Et lewr Tenve an tard déeadbnl de llÙTer? Et phoM d>Hsd^ soafllfêe an Tent de fer? Et netttre et ride édm T«rs la taure q«i ■wa^?
0 les l'êves du rien, en un cerveau mordu D'impossible! s'aimer, dans son effort qui leurre! Se construire, pour la détruire, une demeure ! Et se cueillir, pour le jeter, un fruit tendu !
Hommes tristes, ceux-là qui croient à leur génie Et fous ! et qui peinent, sereins de vanité; Mais toi, qui t'es instruit de ta futilité, Aime ton vain désir pour sa toute ironie.
Regarde en toi, l'illusion de l'univers Danser; le monde entier est du monde la dupe; Agis gratuitement et sans remords; occupe Ta vie absurde à se moquer de son revers.
Songe à ces lys royaux, à ces i^oses ducales, Fiers d'eux-mêmes et qui fleurissent^ à l'écart, Dans un jardin, usé de siècles, quelque part, Et n'ont jamais courbé leurs tiges verticales.
Inutiles pourtant, inutiles et vains, Parfumé demain perdus, corolles demain mortes, Et personne pour s'en venir ouvrir les portes Et les faire servir au pâle orgueil des mains.