‹ Poèmes en proseChapitre 20 sur 45 · PROSE POUR LA BACCHANTE · texte numérisé non relu

PROSE POUR LA BACCHANTE

Les vierges se sont levées, la nuit, et sont venues à pas légers, dans le corridor, pour voir passer leurs époux.

Ceux-ci paraissent. Ils sont courbés sous une fatigue et une douleur immense.

Douleur amèrc, Ma cliôrc, chorc...

(On entend dans le lointain des accompagnements de violons).

Songez que ces jeunes gens représentent l'Amour depuis l'aurore du monde. D'après les calculs de Moïse, les plus autorisés, cela ferait six mille ans d'enthousiasme, un peu usé aujourd'hui.

Le violon est triste et personnel. Les vierges ne récoutent pas, de peur de pleurer. Leurs petites chemises croisent mal sur leur seins nus'. Leur peau

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sent bon. Elles ont de la timidité désirable dans les courbes déjà confortables de leur corps grêle et des violettes éternelles dans les yeux.

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